‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 5)Chapitre 41 sur 47 · APPARITION POUR M. MORIN, SECRÉTAIRE DU JURY MAGNÉTIQUE DE PARIS · texte numérisé non relu

APPARITION POUR M. MORIN, SECRÉTAIRE DU JURY MAGNÉTIQUE DE PARIS

M. Morin, lorsqu'il nous fit part, au nom du jury magnétique, du jugement avantageux rendu par ce jury à notre égard (voir le précédent numéro), manifesta à M. Lecocq l'intention déjuger par lui-même, au moyen d'une apparition, de la véracité de nos propositions ; c'est pour satisfaire à ce besoin d'appréciation que cet honorable monsieur vient en ce jour, 29 juin 1856, accompagné de M. Petit Dormoy, l'épouse de ce dernier et de

M Après une conversation préliminaire qui

n'a pas duré moins d'une heure et demie, conversation dans laquelle nous avons abordé à notre aise et avec la plus parfaite entente des questions psycologiques et métaphysiques, il est convenu que j 'endormirai Adèle, afin de faire l'apparition sollicitée.

Lorsque Adèle est en sommeil, le nom de la personne spiritualisée m'est donné et je l'appelle. La lucide ne tarde pas à la dire présente. Le signalement qu'elle en donne n'a aucun rapport

avec celui qu'on demande. L'Esprit apparu est un jeune homme de dix-huit ans, signalement de cet âge, et l'Esprit demandé est un vieillard desoixante et quelques années. On demande à nouveau cette

Sersonne. Un vieillard se présente , et la même ifficulté de reconnaître le signalement demandé dans celui de l'Esprit apparu se fait sentir. Pendant cet intervalle , le signalement donné par Adèle du jeune homme apparut en premier lieu, est reconnu être bien celui du petit-fils du vieillard demandé, petit-fils portant les mêmes nom et prénom; mais non spiritualisé, puisqu'il est encore sur la terre. Ce qui nous étonne le plus, c'est que ce jeune homme ne s'est pas en allé lorsque le vieillard non reconnu est apparu, et qu'ils restent tous les deux auprès de la lucide. Nous demandons, pour la troisième fois, le spiritualisé, et pour le coup il apparaît dans toutes les conditions nécessaires à ne laisser aucun doute dans l'esprit des demandeurs. Adèle entre en plus parfait rapport avec le spiritualisé, au fur et à mesure qu'elle voit qu'on approuve les détails nouveaux qu'elle donne, tant sur la cause de sa mort que sur son caractère et principalement sur ses affections. M. Morin et les personnes présentes se disent satisfaits, et me prient de réveiller Adèle. Je ne crois pas devoir le faire avant de lui demander quelques nouveaux renseignements sur le jeune homme apparu en premier lieu, jeune homme qui persistait à rester auprès d'elle. Nous obtenons alors un complément de détails, tant sur la santé, sur le caractère et les aiïections de cejeunehomme, ce qui fait dire à M. Morin : Cela est surprenant

d'exactitude. Adèle fait observer que le vieillard non reconnu est un parent portant le même prénom, vu que dans cette famille on ava t l'habitude de donner les mômes prénoms aux enfants, ce qui est reconnu vrai.

Obs. Il ressort de cette triple apparition trois faits, que M. Morin (homme qui, par son rang d'à* vocat et sa profonde instruction), a pu mieux apprécier que personne : 1° lors de notre entretien F réliminaire, je demandai à ce monsieur si c'était apparition d'une personne spiritualisée qu'il désirait que fît la lucide, ou celle d'une personne terrestre ; ce monsieur, ne comprenant pas très bien notre proposition, semblait croire que pour voir ainsi les personnes terrestres, c'était le lucide qui allait vers elles au lieu que celles-ci vinssent aa-

[>rès d'elle. Je détrompai ce monsieur, en lui afirmant que l'un et l'autre se pouvait faire ; mais, me répliqua M. Morin, que fait le corps duquel l'esprit est ainsi absent, pendant que ce dernier cause avec le lucide?... 11 continue d'agir et de penser comme si cela n'avait pas lieu, je le suppose, lui répondis-je. — Cela est très étonnant. — Oui, mais cela est ainsi que je vous le dis. On doit penser combien je fus content de l'apparition du jeune homme au nom et place de son grandpère. Cette apparition prouvait à M. Morin que notre proposition était vraie, et, en plus, elle lui

Erouvait que ce genre de communication somiiamulique n'est pas une communication de pensée entre le demandeur et le lucide, puisque personne n'avait pensé à ce jeune homme, qu'il avait même fallu faire quelque e (Torts de mémoire pour le

reconnaître dans le signalement donné par la lu-* cide. Ces deux faits ne furent pas Fans importance' pour M. Morin. Le troisième fait est la possibilité de l'apparition des spiritualisés aux lucides, puisque celle-ci en offre une preuve irrécusable. II ressort donc de ces études que notre esprit peut quitter notre corps, emportant avec lui, en apparence, des os à la chair, puisque la lucide a vu en celui-ci les troubles organiques que ressent bien ce jeune homme, et en môme temps èlre couvert do ses habits, puisque cet Esprit n'était pas nu. Cet Esprit n'en parlait pas moins a la lucide d'une voix douce, dont les sons affectaient autant son ouïe spirituelle que sont ouïe matérielle le serait des sons matériels. Je demandai à la lucide ce que faisait le corps d'un Esprit qui le quitte ainsi selon sa volonté ; elle nous répondit que le corps ne pouvait s'en apercevoir qu'au manque de régularité dans ses pensées, qu'à une espèce d'absence momentanée au besoin de penser et d'agir, comme nous le remarquons dans certains moments où nous sommes absents par l'observation des lieux ou de la conversation qui se tient à nos côtés; mais que cette séparation n'était dangereuse ni pour l'un ni pour l'autre.

Cette nouvelle expérience nous conduit forcément à toutes les propositions que nous avons faites sous dix formes différentes, dans nos ouvrages qui se réduisent à admettre que c'est l'Esprit du lucide qui franchit les espaces pour entrer en communication avec les êtres et les lieux qu'il désire fréquenter, ou que ce sont ces êtres et ces lieux qui viennent à lui. Comme l'un et l'autre ne peut se

faire matériellement, il faut donc bien que ce soit l'Esprit de ces êtres et de ces lieux qui le fasse ; ou, en troisième hypothèse, il faudrait que ce soit une extension de la vue, de l'audition et de tous les sens du lucide, ce qui serait non moins merveilleux, comme nous l'avons prouvé dans le tome 5 me des Arcanes de la vie future dévoilés. Que les esprits studieux s'exercent, il y a matière assurément. Ce qui ressort de non moins assuré de ces études, c'est qu'il y a plus de difficultés à les comprendre qu'à les proposer, et que les nier c'est faire abnégation de ses facultés mentales.

Alp. Cahagnet.

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