‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 5)Chapitre 46 sur 47 · FAITS EXTRA-NATURELS · texte numérisé non relu

FAITS EXTRA-NATURELS

PAINS CHANGÉS EN PIERRES, JETS DE TUILES, DE BRIQUES, POSSESSION, etc.

Rambouillet, 36 novembre 1856.

Mon bon et cher F.... en Dieu,

Je m'empresse de vous envoyer le récit de faits surnaturels qui ont eu lieu à Rambouillet ces jours derniers. Voici :

M. Drouard, blanchisseur, rue de l'Hôpital, à Rambouillet, arrive vers les sept heures du matin, le 19 novembre, à la maison de son beau-frère, M. Forestier, menuisier, mon voisin, et lui dit : Frère, frère, on nous assassine ; ta femme a reçu un coup, elle est quasi morte, lève-toi vite, vite, nous sommes morts. M. Forestier, sous l'impression d'un tel récit, faisait comme le bon Dagobert, il pouvait à peine trouver ses habits. M. son fils, qui est clerc chez M. Constant Delamotte, fut aussi requis de se lever... Dès six heures et demie, M. Drouard avait été assailli de pierres, briques, tuiles, etc. La cour, les greniers et autres appartements en recevaient sans cesse. Mme Forestier en avait reçu deux; la deuxième l'avait renversée

et l'avait blessée assez pour qu'elle saignât beau-

coup, Mme en avait reçu une sur le

dos.

La gendarmerie et le commissaire de police arrivèrent sur les lieux. Le commissaire apercevant une petite fille, âgée de quatorze ans, entrée chez MmeDrouard depuis trois ou quatre jours, en reconnut le signalement qui lui avait été transmis de Dourdan, ou elle avait été dans un moulin, et avait présidé aux mêmes farces. Un matin où la meunière avait boulangé, la petite fille lui dit : Vous ne savez pas faire le pain ; que vos pains sont drôles ! On fut voir au four ; près de la moitié des pains étaient remplacée par des pierres.

En prison, un médecin l'en fit sortir pour la guérir, disait-il ; mais au bout de quelques jours, effrayé, il lui donna un certificat pour s'en défaire.

En prison, à Rambouillet , elle commet des malices noires ; deux prisonnières de sa chambrée, ayant besoin de repos, se couchèrent; quand elles les vit endormies, elle alla avec ses sabots et les frappa sur la tète.

Dimanche dernier, 23 courant, pendant l'office, elle marmottait des paroles bizarres. Après que tout le monde fut retiré, elle rentra à la chapelle, ouvrit un des battants de la grille qui sépare l'autel des assistants, elle jeta alors son bas sur

ao.

ledit autel et s'enfuit. Je tiens ce fait du garçon de M. Gatineau, bottier, jeune homme qui est en- Tant de chœur.

Une ordonnance, dont le capitaine au train de la garde logeait chez M. Drouard, aperçut un jour cette jeune fille étendant du linge, disant : Laisse-moi donc tranquille , et se démenait comme si quelqu'un la harcelait. L'ordonnance fut à elle et lui dit : De qui vous plaignez- vous? je ne vois personne auprès de vous. Elle lui répondit : Ce n'est rien.

Ainsi, voilà des jets de pierres qui ont lieu publiquement, en plein jour et à diverses reprises. On dit que cette jeune fille porte un air effaré, sans doute comme la plupart des épileptiques ; il est probable que cette jeune fille est possédée, le récit de l'ordonnance le prouverait. Cette variété du scopélisme magique est encore assez connue ; depuis plusieurs années, des manifestations en ont eu lieu dans plusieurs endroits; il serait à désirer qu'uu magigraphe en dévoilât les moyens; en les livrante la publicité, le danger disparaîtrait. Depuis la publication des toxicologies chimiques et botaniques les empoisonnements ont-ils été plus fréquents? au contraire. Pourquoi la police faitelle publier les nouveaux trucs des escrocs, c'est pour que le public, en en ayant connaissance, s'en garantisse. Les procédés du scopélisme mis à jour,

il disparaîtrait. Un procédé ignoble dévoilé perd sa valeur.

Je vous salue,

Ch. Renard,

Obs. — Nous nous sommes empressé de publier la lettre précédente de notre ami, lettre sur laquelle nous reviendrons, car nous avons à cœur de bien établir et de bien poser les choses. Il faut avant tout que nous ayons des détails complémentaires, que M. Renard nous fournira, nous en sommes assuré, puis nous entrerons dans la question magigraphe, comme le dit notre studieux ami, afin de prouver à nos lecteurs que nous faisons continuellement des efforts pour être éclairé et éclairer à notre tour ceux qui nous demandent des lumières. C'est donc dans ce but que nous tenons notre bon ami, M. Brice de Beauregard, débiteur envers nous du fameux arcane de Cagliostro, et notre bon ami M. Charles Renard, débiteur des arcanes du scopélisme et du sens caché ou sous- % entendu des énoncés du bon Swedenborg. Nous avons tenu jusqu'à ce jour, et nous tiendrons tant que nous le pourrons, notre recueil libre pour y insérer les savoir de nos amis. Nous leurs devons d'autant plus cette attention, que nous avons nié net la loi magique, non en tant que loi, mais en tant que relevant du savoir, du pouvoir humain. Nous avons été franc dans dos propositions de

nécromancie, en ne recalant devant quoi que ce soit ; partisans ou incrédules, nous admettons et professons avec tous. Voilà ce nous semble un apperçu de loi, mais non une loi, puisque nous ne sommes pas aussi heureux avec les uns qu'avec les autres. Que chacun nous imite, habit bas et poitrine nue; voilà l'homme que nous désirons être, et comme nous désirons voir tous nos frères.

La parole reste à nos amis Brice de Beauregard et Charles Renard.

Alp. Cahagnet.

Page 1