‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 101 sur 114 · QUESTIONS DE DROIT CIVIL · texte numérisé non relu

QUESTIONS DE DROIT CIVIL

d'une façon absolument logique, à la possibilité des mêmes délits et des mêmes crimes dans la vie réelle sous rinfluence du sommeil provoqué.

Nous allons examiner dans quels cas principaux ces hypothèses vraisemblables seraient susceptibles de se réaliser. Nous envisagerons d'abord les questions relevant du droit civil et les questions de faux témoignage, puis les crimes dont les hypnotiques peuvent être victimes et ensuite ceux qu*on peut leur faire commettre.

La personne qui en place une autre en état d'hypnotisme pourra lui suggérer des actes contraires à sa volonté ou qu'elle n'eût point eu spontanément l'idée d'accomplir.

C'est ainsi, dit M. Liégois, qu'elle poura fuira souscrire des quittances, des billets, des obligations de toute nature, qui, tout imaginaire qu'en soit la cause, n'en seraient pas moins valables et dont il serait parfois difficile de démontrer la fausseté (1).

Cet auteur cite plusieurs expériences qu'il a faites à ce sujet sur des femmes hypnotisées. A une dame fort intelligente, qui résista d'abord énergiquement à toute suggestion , il suggéra l'idée qu'elle lui devait mille francs, finit par lui faire accepter cette suggestion et lui fit écrire et signer de sa main un billet reconnaissant cette dette. A la même personne il affirme un autre jour, en présence de son mari, qu'elle a promis de cautionner une dette de cent mille francs contractée par ce dernier. Elle nie d'abord, puis hésite, recherche le souvenir de

(1) Liégeois, De la suggestion hypnotique dans ses rapports avec le droit civil et le droit criminel^ Paris, 1884.

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ce fait imaginaire et finit par arriver à la conviction qu*il est réel, qu'elle a vraiment promis la caution réclamée, récrit et la signe de sa main.

Les actes authentiques, c'est-à-dire reçus par les officiers ministériels suivant certaines formalités, présentent aux yeux de la loi les caractères d'une certitude absolue et ne peuvent être attaqués que par une inscription de faux. Est-il donc possible de suggérer à un hypnotique ridée de se rendre devant un notaire et de lui faire dresser un acte qui compromette de nombreux intérêts, sans qu'au réveil il y ait souvenir de cette démarche et sans que le notaire saisisse le moindre indice qui lui fasse soupçonner qu'il a affaire à une personne ne jouissant pas de sa pleine liberté morale ? Bien que n'ayant pas été tentée, cette expérience n'en parait pas moins susceptible de réussir comme les précédentes.

C'est surtout en matière de testaments et de donations que le danger parait grand. Déjà les exemples de captationfourmillent ; que de vieillards circonvenus, dominés, apeurés, frustrent leurs héritiers légitimes au profit d'intrigants sans conscience et sans scrupules? Que ne peut pas, habilement exploitée et entretenue, la crainte de la damnation éternelle ? Que de spectres ou de démons confusément entrevus dans les rideaux par des yeux qu'illusionne la peur et que voile l'agonie ? Pour venir à bout des récalcitrants on a eu recours à des moyens héroïques, comme de simuler une apparition. Dans un . procès qui a eu lieu à Nancy, on voit qu'un individu, ] jouant le rôle de saint Joseph, vint comme messsagerde : Dieu au chevet d'un vieux prêtre pour lui dicter ses dispositions testamentaires. Auprès d'un hypnotique, plus n'est besoin de ces expédients dangereux et primitifs ; ^ par simple suggestion, ou lui fera voir et bien voirie

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