RAPPORT DE HUSSON
somnambulisme, le jour, Theure, la minute même de ses accès, 'et ne put être pris en défaut. Un beau jour, il prédit qu'il deviendrait fou, précisaTépoque, la durée de son délire, le traitement auquel il céderait, affirmait que cet accès serait suivi d'une guérison radicale. Il n'avait oublié de prédire qu'une chose, c'est que le lendemain il aurait le crâne brisé dans un accident de voiture et qu'il mourrait de méningite avant l'accomplissement de ses prédictions.
Chez une troisième somnambule, la Commission reconnut à trois reprises différentes la faculté de discourir sur les maladies des personnes qu'elle touchait, et d'indiquer les remèdes qu'il convenait d'y opposer. Elle portait les mêmes diagnostics que Dupuytren et faisait les mêmes prescriptions, sans cependant se priver d'y ajouter de son cru force sangsues, purgations, tisanes et lavements.
Ce rapport, comme nous lavons dit, ne fut ni adopté, ni repoussé par l'Académie.
Six ans plus tard, en 1837, la question qui passionnait plus que jamais le public, lui fut de nouveau soumise. Un jeune magnétiseur, le D** Berna (1), lui écrivit pour lui proposer d'exécuter devant elle des expériences de magnétisme. Séance tenante la proposition fut acceptée, une Commission nommée, et Dubois (d'Amiens) désigné pour remplir les fonctions de rapporteur.
Mais décidément, l'Académie jouait de malheur. Si Husson s'était montré un peu crédule, on ne put faire ce reproche à Dubois (2) : Husson vit trop de choses,
nutes. Gela suffit poar faire douter de Texactitude du diagnostic : d'ailleurs la description ultérieure d'un de ces accès prouve avec évidence qu'il s'agissait de manifestations hystéro-épileptiques.
(1) Berna, BulL de VAcad, de méd., 14 février 1837, t. I, p. 402.
(2) Dubois (d'Amiens), Rapport sur le magnétisme {Bull, de lAcad, de méd., 1837, t. I, p. 957).
Dubois ne vit rien du tout. Il exécuta magnétiseurs magnétisme, déclarant que Tétat somnambulique h même n^était qu'illusion^ ou peut-être quelque chose moins avouable. Les conclusions du rapport de Di furent adoptées.
L'Académie en avait-elle fini avec le magnétisme? encore. Quelques mois plus tard, un de ses membi Burdin, montant à la tribune, rappelait que dans rapports présentés à TAcadémie, il avait parlé d'exj riences relatives à la transposition de la vue. Malgré convictions contraires, il venait offrir un prix de 3,000: à la personne qui aurait la faculté de lire sans le secoi des yeux et de la lumière (1).
L'Académie accepta; une Commission fut. nommée (1 et la durée du concours fixée à deux ans. Pendant intervalle, trois magnétiseurs seulement, les D'^'Pigeaîw,] Hublier et Teste, répondirent à son appel.
Pigeaire, de Montpellier, avait une fille qui, plonj en somnambulisme, donnait des preuves d'une lucidit étonnante. 11 Tamena à Paris et Texhiba devant de nombreux personnages étrangers à la science, qui s'empi sèrent d'attester sa clairvoyance. Avec un épais bande sur les yeux, elle lisait couramment et jouait aux cartefl^j Lorsque enfin après une longue période employée à] étonner un public incompétent il se décida à la présent à la Commission académique, il refusa toutes les gani-j lies exigées. La Commission suspectait avec raison bl bandeau (3) et voulait y substituer une simple feuille de
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(1) Burdin, Bull. deVAcad. de méd., 1837, t. II, p. 19.
(2) Bull, de fAcad. de m^d., Paris, 1837, t. lî, p. 41.
(3) Il a été maintes et maintes fols démontré qu'un bandeau ^\ quelque genre qu'il soit, posé sur les yeux, finit par se déplaoeretj permettre la fillration de quelques rayons lumineux jusqu'à rcBli|