‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 26 sur 114 · DEMARQUAY ET GIRAUD-TEULON G · texte numérisé non relu

DEMARQUAY ET GIRAUD-TEULON G

pouvait être assez profonde pour permettre une tentative chirurgicale qui fut suivie d'un plein succès.

Ce mouvement, assez timide d'ailleurs pour attirer Vattention du public scientifique sur les questions d hypnotisme, ne se propagea guère et ne fut pas de longue durée . Les communications précédentes furent accueillies avec incrédulité par les médecins étrangers à ce genre d'études et avec une sorte de mépris par les partisans du braidisme et du magnétisme.

Cependant, elles furent le point de départ d'un intéressant mémoire de Demarquay et Giraud-Teulon (1).

Le dernier mois de l'année qui vient de se terminer, disent-ils dès la première ligne, a vu naître et, ajouterons nous, presque mourir un nouvel élément vital, physiologique, thérapeutique, surprenant tout au moins et qui semblait dès son apparition appelé à produire des merveilles.

On voit le cas qu'ils faisaient des propriétés anesthésiques de l'hypnotisme au point de vue chirurgical. Mais leur travail est intéressant à un autre point de vue. Reprenant ab ovo la question du sommeil nerveux, ils se livrèrent à une série d'expériences qui, malgré leur petit nombre, leur permirent de constater la réalité des phénomènes principaux de l'hypnotisme. Plusieurs de leurs sujets, hypnotisés par la fixation d'une boule brillante maintenue par un procédé mécanique au-dessus de leur front, présentèrent des troubles incontestables de la sensibilité, de la contractilité musculaire, de la connaissance. Les différents effets produits semblèrent aux auteurs devoir se rattacher à certaines dispositions idiosyncrasiques, principalement de nature hystérique.

(1) Demarquay et Giraud-Teulon, Recherches sur rhypnot- Gazette médicale^ décembre 1859 et janvier 1860.

jii :

vj| Du sommeil magnétique au sommeil somnambulique, à 1

*\'(^. notisme, on construit aisément, disent-ils, une chaîne forgée

•:;.- '; les mêmes éléments organopathiques et sur une même cod

• j i-v. lion qui y sert d*enclume : Tétat hystérique ou des étals a]

l^'^r chants. Ils font encore observer que leurs expériences, bien

.] ^;3{i ^^ f^i^^G l^s considérer que comme de simples ébauches, soul< ., :j*^\> ' un coin du voile qui couvrait les prétendues merveilles du m

:'f^J{|- ' lisme, en montrant que les seuls phénomènes magnétiques

^ lement constatés peuvent être produits sans l'intervention d*au

:.^. communication d'une personne à une autre.

Éiji La même année, Gigot-Suard se livrait à d'inté

..'^'' santés observations sur le braidisme et provoquait

'■■'■''•li: quelques jeunes filles des phénomènes nerveux s

intenses que ceux qui se produisaient jadis autou: baquet de Mesmer. Il se servait pour amener Télat ] notique d'une paire de ciseaux tenus à quelques ce i^jf. mètres au-dessus des yeux (1).

;i; Presque à la même époque, le D^ J.-P. Philips puh

r^^''''|! son Cours théorique et pratique du braidisme (2). Ce li

à part les théories contestables qu'il contient, donne

description exacte des phénomènes hypnotiques &

' certains procédés susceptibles de les déterminer. La pj

la plus intéressante est à coup sûr, à Theure qu'il

le chapitre consacré à la description de diverses e:

riences que nous retrouverons presque identiquen

p i reproduites par les auteurs qui, le plus récemment

Il sont occupés des phénomènes psychiques de 1 hypnotis

Lui, non plus, n'attachait pas grande importance

expériences chirurgicales de Broca, et chez lui la bout

:: (1) Gigot-Suard, Le Magnétisme animal et la Magie dévoilée. Pi

i'! '^) J.-P. Philips, Cours théorique et pratique de Braidisme, Pi

\. Baillière, 1860, 1 vol. in-8.

LASÊGUE 71

ironique de Demarquay et Giraud-Teulon se change en dédain.

La découverte de Braid, écrivait-il, avait uae bîea autre importance que celle que venaient de lui découvrir quelques chirur« giens français. A moins d'être de simples praticiens sans culture intellectuelle, ne devaient-ils pas reconnaître « que ce succédané douteux du chloroforme n*est rien de moins que la conquête la plus vaste qu'aient encore réalisée ou entrevue la médecine, l'histoire naturelle et la philosophie ? »

Cette emphase, qui fait sourire, rappelle à l'esprit certaine scène de Molière que je laisse au lecteur le soin de deviner.

Indifférence injuste ou enthousiasme excessif, tout rentra bientôt dans le silence etToubli. Les seuls magnétiseurs de profession exhibèrent encore de temps en temps, aux yeux d'un public émerveillé, un moment anxieux entre la foi et le doute, leurs somnambules extralucides.

Cependant, en 1865, le professeur Lasègue publiait (1) ses expériences sur la catalepsie provoquée chez les hystériques. Voici en quoi consistait son procédé : Si chez une hystérique du type de celles que Fauteur décrit comme calmes, somnolentes, demi-torpides, réagissant peu et plus promptes à pleurer qu'à s'irriter, on applique la main sur les yeux, ou qu'on maintienne les paupières fermées par n'importe quel procédé, la malade s'engourdit, manifeste une paresse intellectuelle croissante, respire avec une difficulté de plus enplus grande; ses yeux

(1) Lasègue, Archives de médecine, 1865.

^ 'y.îiiuiiie&t eu Laut; lErbân. k\1k s>Q«iort d'un sommeil I^t^A'ju^ Ctifrz cerLain€rs, oiï réussit touj«>urs à déterminer ÎÀ v^ip^or coxTiplift^: chez daatres, on n'airÎTe qu^à la v>aiCiol<!rcic^; cLfrz d'aativ<, eo^D, oq n'ijbtient que de iVftieourdLsseinfrnt. Plus le sommeil est profond et plus ou obtient fa/^ilement la contra«:ture «.cataleptique des membres dont on peut Tarier les situations à son gré.

Ceft UD Epeetécle EÎoguIier, dît Tauleur, :ue celui d'aoe malade y o&^ée da£.s une torpeur profonde, bsensib e à toutes les excita T'OIjE, cooserraDt daos les poses auzquel es on Passujettit rimttiOiiAïii et la raideur d'uoe statue; resustass. se. debout, ineliDée en araot ou en arrière, la jumbe suspendue hors du lit, ou fléchie àao/rie aiiaru sur le tronc, les bras et les doi?:s contoaméSt et DiainteDaDt la plus iarariabie et la plus abso.ue indifférence (i;.

Bien que dans ce travail le mot d'hyptwtîsme ne se rencontre nulle part, les procédés de l'auteur et les phénomènes qu*il produisait u*étaient, on le reconnaîtra, rien autre chose.

En 1875, M. Ch. Richet rompit à son tour le silence (2). Dans un premier travail, il établit la réalité des phénofriêries magnétiques et hypnotiques obtenus à Taide des passes, de l'objet brillant, ou de divers autres moyens empiriques. La phase somnambulique, les hallucinations provoquée», les suggestions de diverse nature fixèrent ensuite son attention. Enfin, ultérieurement, il sgouta aux études précédentes l'exposé de remarquables expériences dans lesquelles il montre la possibilité, chez certains sujets hypnotisés, de modifier la personnalité.

1; LftHègue, Éludes médicales^ t. I, p. 899, Paris, 1884.

^ Kichet, Jownal de l'analomie et de la physiologie^ 1875. —

de phyHiologie, 1880. — Revue /. hilosophique, 1880-1883. —

el l'inlclligence, 1884.

Page 1