‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 25 sur 114 · PHÉNOMÈNES OBSERVÉS PAR BRAID · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES OBSERVÉS PAR BRAID

rinsensîbilîté complète et la catalepsie jusqu'à Thyperesthésie sensorielle la plus vive. Fût siwryle suggestion anditive, on peut provoquer ces changenîfents et déterminer soit Tanesthésie, soit Thyperesthésie la plus grande, ou bien encore un développement de force considérable ou une paralysie complète des membres.

On peut, dit-il, jouer avec de semblables patients, dans la phase appropriée du sommeil, comme sur un instrument musical; et leur faire prendre les rêves de leur imagination pour la réalité actuelle.

H suffit, pour provoquer chez les hypnotisés des illusions ou hallucinations, d'énoncer à voix haute, impérieuse et convaincue, la pensée, l'image ou la sensation qu'on désire éveiller dans leur esprit. Le ton dont on posera une question déterminera la réponse. Les suggestions enfin peuvent être produites par voie indirecte, par les attitudes imprimées aux membres ou aux traits de la physionomie. Un sujet, placé dans l'attitude de l'extase, verra le ciel : qu'on fasse plisser son front, et il verra l'enfer.

Braid a aussi constaté la possibilité de provoquer des suggestions non seulement chez les personnes encore atteintes d'un léger degré d'hypnose, mais même chez certains sujets complètement éveillés.

L'hypnotisme par suggestion ne lui a pas non plus échappé. Il a remarqué que, chez certains individus très sensibles, il suffisait, pour produire le sommeil, de leur faire croire qu'on pratiquait à dlistance certaines manœuvres susceptibles de les endormir.

En tout ce qui concerne l'étude des phénomènes hypnotiques, Braid se montra, comme on le voit, ou plutôt comme on pourra s'en rendre un compte exact par la suite, un observateur sagace et sûr.

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PE BRÂiD A l'Époque actuelle

En ce qui touche les applications pratiques de la mmvelle méthode, il fut moins heureux. Il proposa, dans di but de thérapeutique physique et morale, d'associer l'hypnotisme au système phrénologique de Gall. Cette tentative, désignée sous le nom de phréno-hypnotisme. n^ réussi qu'à prouver que, malgré un jugement droit et beaucoup de bon sens, Braid n'était pas complètement i Tabri de quelques-unes des illusions qu'il combattait chez ses adversaires. Il se demande, par exemple, si (A ne pourrait pas, en excitant, pendant Thypnotisme, leil protubérances crâniennes qui répondent à certaines facultés, développer ces facultés d'une façon spéciale (1).

Le même procédé doit être, à son avis, appliqué à lt| cure des maladies, principalement des maladies mentales.

Les applications directes de l'hypnotisme à la cure del certaines aflfections nerveuses furent beaucoup moitfj fantaisistes et, lorsque nous étudierons plus particulièrement ce sujet, nous verrons qu'à part quelques exagérations qu'on est disposé à excuser chez un inveutenr, Braid n'a rien avancé que de très rationnel et de très possible. L'exposé de quelques-unes de ses guérisons coB^j corde parfaitement avec ce que l'expérience a appris [ depuis à ce sujet.

Cependant, les travaux de Braid n'eurent qu'un succèfi médiocre. Ils n'empêchèrent pas que les années qui suivirent leur apparition ne vissent éclore de nouvelles théo-j ries dérivées du magnétisme.

(f) Les expériences de Braid ayant réussi brillamment maigri Tinanité des théories phrénologiques^ on peut les considérer comoM militant en faveur de la suggestion mentale.

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En Amérique, où ce genre de merveilleux est fort en honneur. Grimes faisait connaître i'électro-biologie, qui n'est autre chose que le braidisme agrémenté d'hypothèses indémontrables.

En Allemagne, Reichenbach, dans le cours de ses expériences hypnotiques, proclamait l'existence d'un agent qu'il désignait sous le nom de force odique et à l'aide duquel il expliquait des phénomènes qui n'avaient d'autre cause que la suggestion dont Braid avait pourtant fait connaître la puissance.

En France, le braidisme resta longtemps ignoré. Avant de le connaître, le D' J.-P. Philips (Durand, de Gros) inventait sa .doctrine de V électro-dynamisme vital (1) qui, comme I'électro-biologie, avait pour but de donner une explication rationnelle des eflFets magnétiques. L'absence de pensée produite par la fixation d'un point lumineux détermine dans le cerveau une accumulation de force nerveuse, une congestion noveuse.

Cet état, une fois produit, que, par une porte encore entr'ouvertedu sensorium, par la voie de iavue, de l'ouïe, du sens musculaire, une impression se glisse jusqu'au cerveau, et le point sur lequel cette excitation va porter sortira aussitôt de sa torpeur pour devenir le siège d'une activité que la tension delaforce nerveuse viendra augmenter de tout son poids (2).

Alors, à l'arrêt général de l'innervation succédera subitement une innervation locale excessive, qui substituera par exemple d'une façon instantanée l'anesthésie à l'hyperesthésie, la résolution musculaire à la catalepsie, etc. Pour ingénieuse qu'elle est, l'explication n'en

(1) Philips, Électro-dynamisme vital, ou les relations physiologiques de t esprit et de la matière, Paris, 1855.

(2) J.-P. Philips, C^urs théorique et pratique de Braidisme on hypnotisme nerveux:, Paris, 1860, 1 vol. iû-8.

repose pas moins sur une série d'hypothèses que ri* n'oblige à admettre.

Les études de Braid sur Ihypnotisme furent longtem ignorées en France. Cependant, divers ouvrages i firent mention ; Littré et Ch. Hobin lui consacrèrent i article très complet ^1). Il en fut encore question dai la deuxième édition des Eléments de physiologie < Béraud, re\ue par Ch. Robin; enfin dans le Manuel < Physiologie de Mtiller, annoté par Littré (2). Littré « Ch. Robin furent donc à peu près les seuls à attach* quelque importance à la nouvelle découverte.

Quelques savants firent enfin de nouveaux efforts poi introduire Thypnotisme dans notre pays.

En décembre d859, Velpeau présentait au nom c Broca, à l'Académie des sciences, un travail sur Thypn» tisme, appliqué à Tanesthésie chirurgicale.

Quelques jours après, Guérineau, de Poitiers, faisa une communication semblable à l'Académie de mé decine (3),

Le D' Azam, de Bordeaux, a publié, en janvier 186( des faits curieux de somnambulisme provoqué (4). C*éta d'après ses indications que Broca avait, de concert ave Follin, tenté une opération pendant le sommeil hypm tique. Après quelques expériences préliminaires, ce chirurgiens avaient pu se convaincre que l'anesthési

{\) Littré et RobiD, Dictionnaire de médecine de Nysten, éditio de 1855. — Voyez aussi Littré, Dictionnaire de médecine^ 17« éditio] Paris, 1892.

(2) MOlIer, Manuel de physiologie, trad. par Jourdan, 8« éditio par E. Littré, Paris, 1851, 2 vol. in-8.

(3} Guérineau, Bti//. deVAcad. deméd.f 1859, et Archives de médi cine, 1860.

M Azam, Hypnotisme, double conscience et altération de la pe\ ^lité. Préface de M. Cliarcot. Paris, 1887 {Bibl. scient, coniemp

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