‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 28 sur 114 · ÉCOLE DE NANCY · texte numérisé non relu

ÉCOLE DE NANCY

f)ar le D<^ Liébault (1), qui depuis longtemps s'occupait d'hypnotisme, et même avait donné sur ce sujet un livre 4lès 1866, vient de publier un travail original et plein de ^aits surprenants, où il a consigné le résultat de ses propres expériences sur la suggestion non seulement dans l'état hypnotique, mais encore dans l'état de veille (2).

Un peu plus tarfl, M. Beaunis (3), professeur à la Faculté de médecine de Nancy, a fait connaître de nouvelles expériences qui viennent conûrmer les travaux de MM. Bernheim et Liébault.

Depuis 1885, l'étude des phénomènes psychiques de l'hypnotisme et du magnétisme a surtout attiré Tattenlion des observateurs. Des expériences prudemment conduites ont jeté une lueur inespérée sur des faits avancés de tout temps par les magnétiseurs, mais jusqu'ici tenus pour apocryphes. La pensée se transmet-elle? Dans quelles conditions, dans quelle mesure, sous quelle forme? En d'autres termes, y a-t-il lieu d'admettre la suggestion mentale et toutes les conséquences qui en découlent ? C'est à cette question qu'essayent de répondre de nombreuses communications faites à la Société de psychologie physiologique et quelques livres importants dont nous aurons à dire quelques mots plus loin.

Arrivé en ce point, il ne nous reste plus qu'à entrer dans l'étude détaillée de Thypnotisme. Mais auparavant

(1) Liébault, Du sommeil et des étals analogues considérés surtout au point de vue de V action du moral sur le physique^ Paris, 1866.

(2) Beraheiin, De la suggestion dans l'état hypnotique, et dans l'état de veille, Paris, 1884.

(3) Beauuis, Le somnambulisme provoqué, études physiologiques et psychologiques, 2e édition, Paris, 1887, iQ-18 Jésus avec figures.

il nous semble nécessaire, ne serait-ce que pour un nombre de lecteurs trop enclins à un scepticisme de pris, d*examiner une question qui, pour le plus graol nombre, est résolue, c'est celle de la réalité même dei phénomènes que nous nous proposons d'étudier.

Il y a à peine quelques années encore, suivant de nonbreux hommes de science, il ne restait plus, depuis b rapport académique de Dubois (d'Amiens), d'autre alter native que celle de dupe ou de complice, pour les parti sans du somnambulisme provoqué (1). On objectait qitt rien ne démontre l'existence de l'agent invoqué par la magnétiseurs; qu'un grand nombre de prétendues sonnambules ont été convaincues d'imposture ; qu'enfin, par leur caractère fugace, irrégulier, souvent extrao^ dinairc, les phénomènes somnambuliques échappent i toute classification et à toute loi scientiGques.

Mais qu'importe que les magnétiseurs se croient efl possession d'un agent dont rien ne démontre rexistencet Cela n'a rien à voir avec la question de fait, la seule qii nous intéresse, à savoir si le sommeil provoqué est réellement possible. 11 n'y a pas longtemps encore, on admi^ tait un fluide pour expliquer les phénomènes de Pélectricité. De nos jours on a rejeté cette hypothèse pour une explication plus rationnelle; a-t-on pour cela déclaré non avenues les expériences que depuis Galvani et Voltali science a accumulées ; nie-t on le paratonnerre, la lun^èrc électrique, le télégraphe ? A la vérité, l'expérience do sommeil somnambulique ne peut pas être reproduite! volonté, comme celles de l'électricité ou de tout autw branche des sciences physiques. Mais observons que

(1) Telle est, par exemple, ropioioQ défendue, avec beaucoup de talent d'ailleurs, par le D' Dechambre, dans le DicHwmaire enef' clopédique des Sciences médicales : art. Mesmérismb.

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