‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 33 sur 114 · INFLUENCE DU SEXE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU SEXE

MM. Liébault.et Bernheim, beaucoup plus sensibles aux procédés hypnotiques que les personnes dont Tintelligence est cultivée, et que celles qui font profession d'un certain scepticisme.

Le consentement du sujet, son attention, sa bonne volonté ou tout au moins sa neutralité sont absolument nécessaires (1). Celui qui résisteraou qui, l'esprit ailleurs, ne fera qu'assister en étranger à Texpérience.sera presque toujours réfractaire; aussi les aliénés de certaines catégories, les imbéciles, les idiots, ne peuvent-ils presque jamais être endormis, parce qu'il est presque impossible de fixer leur attention pendant un espace de temps suffisant à l'action des procédés hypnogéniques.

Cependant, j'ai endormi quelques épileptiques aliénés sans difficulté. Mais, sauf chez une malade qui fut mise une fois en somnambulisme, et qui par la suite refusa obstinément de se soumettre à de nouvelles expériences, je n"*ai obtenu que des phénomènes peu intéressants chez mes sujets, probablement à cause de leur affaiblissement intellectuel. Un matin, à ma visite, j'ai pu par surprise, en le fixant de très près dans les yeux, suivant le procédé du D' Brémaud, mettre un maniaque chronique en catalepsie, au grand étonnement des personnes présentes. Comme chez l'épileptique précédente, je n'ai pu renouveler l'expérience, le malade s'y étant toujours depuis violemment opposé.

Le sexe joue indubitablement un rôle prédisposant. Les femmes paraissent hypnotisables en plus grand nombre que les hommes, ce qui doit être attribué àl'impressionnabilité plus grande de leur système nerveux.

En général, dit M. Ricbet, les femmes petites, brunes, aux yeux

(1) Excepté, comme nous le verrons, chez les grandes hystériques et dans le grand hypnotisme.

noirSf aux 'ïheTenz noirs aboniants. aux sourcils épais, sont da strets Ir^i favorables. Cependant on r'ussit très bien aveeda ferrrnes pAles el lymphatiques, «^t on écooue arec des personna très nerveuses. En somme, les femmes délicates, nerveuses, languissantes, atteintes d'une maladie chronique, sont certainement plus que toutes les autres aptes à subir l'iiifluence du noagnéti8me(lj.

\*âge n'est pas moins important à considérer. Les jeunes gens de Tun et de Tautre sexe sont les sujets les plus favorables aux expériences hypnotiques. Les magnétiseurs ne l'ignorent pas : constamment ils recherchent les sujets jeunes; et parmi ces derniers, l expérience leur a appris à opérer rapidement une nouvelle sélection. A l'oscillation des pupilles, ils reconnaissent au bout d'un instant ceux qui sont le plus susceptibles d*étre influencés. Une expérience curieuse, faite dans un lycée par MM. Forfer et Vaisson, semble indiquer que chez les jeunes gens de quinze à vingt et un ans l'anesthésie cutanée serait des plus fréquentes. Peut être devraît-on en conclure que les individus de cet âge n*ont pas encore un système nerveux parfaitement équilibré, ce qui expliquerait leur grande aptitude à tomber dans le sommeil hypnotique (2).

CerUiins étals physiologiques et pathologiques ont une très grande influence. D'après le D'' Brémaud, les abus alœoliques et l'énervement consécutif aux excès vénériens créent temporairement une prédisposition favorahle au développement des phénomènes hypnotiques. J/état anémique, quelle qu'en soit la cause, la chlorose, les afl'ections névropathiques, excepté la folie, sont dans

(i) CM. Ilichet, V homme et l'intelligence, Paris, 1884. (2; II. Boussi, thèse de Paris, 1880, et P. Magnin, Étude cHniquB el ejcptirimcnlale sur Vhypnolisme^ Paris, 1884.

PROCÉDAS DES MAGNÉTISEURS 87

le même cas. A ce propos, il n*est pas inutile do faire remarquer, avec Demarquay et Giraud-Teulon, les nombreux points de contact qui existent entre les désordres hystériformes et certains phénomènes hypnotiques.

Mais, de toutes les causes prédisposantes, la plus importante est, à coup sûr, la diathèse hystérique. Chez presque toutes les hystériques, l^hypnose artificielle peut être provoquée. C'est chez elles le plus souvent qu'on rencontre la léthargie, la catalepsie et le somnambulisme naturels; c'est chez elles également ({ue ces états seront le plus facilement provoqués artificiellement, avec leurs caractères les plus tranchés et les plus typicfues, à ce point que pour les auteurs qui ont étudié plus particulièrement le sommeil nerveux chez les hystéricfuçs. ces trois états sont pour ainsi dire tout l'hypnotisme, et qu'ils laissent volontairement de côté les innombrables états mixtes et intermédiaires, comme un obstacle à l'étude et une cause d'obscurité et de confusion.

Avant d'exposer les procédés à l'aide desquels on détermine l'hypnotisme, rappelons, ne serait-ce qu'à titre de comparaison, les pratiques des magnétiseurs.

Ainsi que nous l'avons déjà fait observer, leur manuel opératoire s'est singulièrement simplifié depuis Mesmer; le baquet, les baguettes, les chaînes, les boites magnétiques ont été mis de côté. Les mains seules et le regard sont désormais utilisés.

Le calme sera fait autour du patient, les témoins importuns seront soigneusement écartés ; ceux qui resteront devront s'abstenir de toute manifestation et s'unir d'intention avec l'opérateur. Ce dernier se place vis-à-vis du

malade commodcinent assis, prend ses genoux entre les siens, et après Tavoir exhorté à bannir toute crainte et à s'abandonner aux eiïets du magnétisme, en s'efforçant de ne penser à rien, il commence Topération,

Il se recueille quelques instants, puis il prend entre ses deux doigts les pouces du sujet, de manière que leur intérieur touche l'intérieur des siens, et il fixe ses yeux sur lui. Il restera de deux à cinq minutes dans cette situation jusqu'à ce que se soit établie une chaleur égale entre les pouces en contact. Ensuite il retirera les mains à droite et à gauche, la face palmaire en dehors; il les élèvera à la hauteur de la tête, les posera un instant sur les deux épaules du malade, puis pratiquera cinq ou six passes le long des bras en touchant légèrement. Des passes seront ensuite pratiquées depuis la tête jusqu'à Tépigastre.

En ce point on s'arrête quelques minutes en posant les pouces au creux de l'estomac et les doigts au-dessous des côtes; puis on reprend les passes en opérant le long des cuisses et des jambes.

Cette manière de procéder doit être continuée tout le temps nécessaire ; on y ajoute si l'on veut, mais ce n'est pas d'obligation, des passes le long de l'épine dorsale^da bassin et des hanches.

Telle était la méthode de Deleuze.

M. Teste (1) l'a encore simplifiée. 11 se place debout devant le malade et se contente de faire devant lui des passes dirigées de haut en bas, en ayant soin de lui présenter toujours, en descendant, la face palmaire de la main, et en remontant^ la face dorsale. Ce procédé si simple réusssirait surtout chez les personnes qui ont déjà été magnétisées.

(1) Teste, Manuel pratique du magnélisme animal^ Paris, ISSS^

1 vol. iu-lS.

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