‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 63 sur 114 · ILLUSIONS ET 1IM.LUCINATI0NS · texte numérisé non relu

ILLUSIONS ET 1IM.LUCINATI0NS

niants, et aa bout de quelques minutes, quaud l'halluctnation disparaîtra d'eUe-méme, elle manifestera le plus ▼if chagrin de se tronver dépouillée de ces richesses qui lui étaient venues en donnant, comme dans un conte de fées.

Parfois la durée des hallucinations posthypnotiques est très courte. D'autres fois, elle dure assez longtemps pour que, quand elles sont d'ordre pénible, il soit nécessaire d'endormir de nouveau le sujet pour les faire disparaître.

On peut provoquer aussi des suggestions viscérales et produire par ce moyen des modifications intenses de Tinnervation sympathique. Une pilule imaginaire prise par l'hystérique du D** Taguet pendant la période de somnambulisme, faisait cesser au réveil une constipation opiniâtre.

Un malade du IK Bernheim qui avalait pendant son sommeil avec toutes les marques d'un vif déplaisir, une bouteille d'eau de Sedlitz non moins imaginaire, allait dans la journée quatre ou cinq fois à la garde-robe.

Il est aussi facile de su/gérer des besoins imaginaires dont la satisfaction s'impose impérieusement au réveil. Qu'on suggère à une hypnotique qu'une fois réveillée elle aura faim ou soif, ou qu'elle aura un besoin d'un autre genre à satisfaire, et aussitôt sortie de l'état somnambulique, on la verra se jeter en véritable affamée sur les aliments et les boissons, ou s'éloigner avec hâte, ne pouvant dissimuler un malaise croissant, si par quelque artifice on s'efforce de la retenir

Les suggestions peuvent agir non seulement sur des sens ou des organes isolés, mais encore sur lindividu tout entier. On peut par exemple suggérer à une hypnotique qu'elle est en cire : à son réveil elle manifestera une

vive frayeur si elle voit qu'on approche d'elle une allumette enflammée. Si on lui a inculqué Tîdée qu'elle est en verre, elle s'écriera qu'il ne faut pas la toucher de crainte de la briser. Un véritable délire peut s'organiser autour de ces conceptions imposées.

Non seulement la suggestion peut avoir pour effet de modifier les impressions sensorielles, ou d'en faire naître de fictives, mais elle peut encore avoir pour résultat de les suspendre d'une façon plus ou moins complète. Nous avons vu que pendant le sommeil somoambulîque on pouvait re dre un sujet aveugle ou sourd à volonté. On peut aussi le faire se réveiller avec les mêmes infirmités.

Le phénomène peut être décomposé; il peut être limité à un sens, à un objet, à un individu : ce sont les suggestions d'hallucinations négatives de M. Bernheim et les suggestions inhibitoires^ de M. P. Richer. Ce dernier démontre en effet que l'intervention de l'opérateur a pour résultat, non pas de supprimer la sensation, mais simplement de l'empêcher d'arriver à la conscience. Si, par exemple, on rend invisible pour un somnambulique un petit carré de papier rouge et qu'on le place sur un point d une carte blanche que le sujet doit regarder attentivement, il ne voit pas le papier rouge, mais il distinguera du vert, couleur complémentaire du rouge. L'impression du rouge a donc pénétré dans les centres nerveux, mais par suite de l'action inhibitoire de la suggestion négative imposée, elle n'entre pas dans le champ de la conscience (1).

M. Féré ayant imaginé de rendre invisible pour une hystérique somnambule un tam-tam dont la percussion la rendait instantanément cataleptique, il fut possible

'1) P. Richer, loc. cit., p. 727.

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