DEVINS, MAGES, SIBYLLES, ETC
En Chaldée, les voyants étaient très répandus, et il suffisait de dormir dans certains temples pour acquérir le don de seconde vue.
A certaines fêtes de l'ancienne Egypte, le dieu Apis inspirait aux femmes et aux enfants Tenthousiasme prophétique.
Le spiritisme lui-même, ce cousin germain du magnétisme^ pourrait revendiquer des origines non moins vénérables. A Babylone, on croyait aux esprits frappeurs ; chez les Hébreux, la Pythonisse d'Endor évoquait Tombre des morts comme un médium du xix® siècle.
En Achaïe, dans un temple de Cérès, il y avait au fond d'un puits un miroir dans lequel les prêtres faisaient apparaître l'image de la personne malade pour laquelle on venait consulter la déesse : c'était la photographie spirite de l'époque.
Dans les sanctuaires de la Grèce, on procédait, pour inspirer les pythies, à de véritables pratiques magnétiques. A Delphes, le temple d'Apollon était bâti sur une fissure du sol qui donnait passage à des émanations sulfureuses: au-dessus de cette fente était installé le trépied sacré sur lequel s'asseyait la pythonisse^ préparée par le jeûne et diverses autres épreuves. Peu à peu, elle s'agitait, entrait en extase, et, l'écume à la bouche, rendait les oracles du dieu.
Les sibylles grecques et romaines n'étaient lucides qu'à de certaines époques. Il fallait, pour qu'elles pussent prédire l'avenir, qu'elles tombassent en convulsions ; alors le dieu s'emparait d'elles et faisait éclater dans leur bouche le délire fatidique (1).
(1) Virgile, Enéide, liv. VI,
en 15^9 et dont l'immobilité avait duré plusieurs hflurei se vanta eut â t Calme , de connaître ce qui s'était pasi
dans la ville et daus ses euvîrons pendant la durée c
leur accès (t).
Calmeil, De la folie conaidirit soua le point de vue palhol
Lk POSSESSION DÉMONIAQUE
Cbez beaucoup de ces ccovulsionnaires et de ces possédées, on remarqua une grande exaltation de l'acuité sensorielle.
L'ouïe était tellement hyperesthésiée chez certaines
:roqiil3 d« H, Chircol.)
religieuses de Loudun (1632) qu'elles entendaient des paroles prononcées à voix basse à des distances coosidérables. Le latin qu'elles récitaient sans l'avoir jamais
'. Paria, ).-B. Baillière,
appris — mais non sans Tavoir jamais entendu — pro
% venait de Texaltation de leur mémoire.
* Dans leurs transports convulsîfs (1652), les religieuse
( d'Auxonne semblaient avoir le don des langues. C
i n'était pas un mince étonnement pour les assistants qv
■* de les entendre répondre en latin à leurs exorcistes <
faire en cette langue de véritables discours. Comme h
somnambules lucides d'aujourd'hui, elles lisaient dai
la pensée des autres; elles comprenaient, en parti
culier, les comifiandements intérieurs que leur faisaiei
les exorcistes et y obéissaient ordinairement avec un
grande exactitude. L'évéque de Châlons ayant ordonn
mentalement à Denise Parisot de le venir trouver pou
être exorcisée, elle y vint incontinent bien qu'elle habile
dans un quartier de la ville assez éloigné. Il command
de même par la pensée à la sœur Borthon, au plus foi
de ses agitations, de venir se prosterner devant le Saini
Sacrement; au même instant, elle obéit avec une pr^
cipitation extraordinaire (1).
Les divers états hypnotiques faisaient partie des crise les plus fréquentes des possédées.
ilj Leloyer raconte que les démons muets causent 1
léthargie, rendent les hommes insensibles et qu'il es fréquent de voir les strigês passer plusieurs heures dan un sommeil léthargique.
Nicole Obry, la possédée de Vervins (1566), tombait e léthargie à la suite de ses crises. Elle prédisait en outr l'heure du retour de ces accès futurs.
L'évéque de Châlons remarqua que, pendant Texo] cisrne, la sœur Catherine, des religieuses d'Auxonm
'1) Ces faits, s'ils sont authentiques, sont des [exemples remai blés de suggestion mentale