‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 72 sur 114 · EXEMPLES DE FASCINATION · texte numérisé non relu

EXEMPLES DE FASCINATION

rentratoement produit par la répétition des séances, et de raccroissement d*impressionnabilité des sujets, la période de fascination finit par disparaître tout à fait. Alors ils entrent d'emblée dans Tétat cataleptique comme les individus du sexe féminin. En mars 1884, le D»'Brémaud racontait à la Société de biologie que les jeunes gens sur lesquels il expérimentait depuis plusieurs mois ne pouvaient plus être fixés dans Tétat initial. Chez tous sans exception il s'était passé le fait suivant : à un moment donné, alors que Tétat de fascination durait depuis une ou deux minutes, ils s'arrêtaient brusquement au milieu d'une expérience, leur pouls redevenait normal, la catalepsie s'était brusquement établie.

Empruntons à l'auteur, en les résumant, quelques-uns de ses exemples :

M. Z... est fasciné par le regard : les phénomènes physiologiques annoncés se produisent ; ses yeux sont rivés sur ceux de Topérateur. Ce dernier recule, il le suit, la tête projetée en avant, les épaules remontées, les bras pendants et immobiles. Sa physionomie est sans expression, ses yeux sont fixes, ses traits figés; pas un mouvement, pas un geste. « Parlez-lui, il ne vous répondra pas : insultez-le, pas une fibre de son visage ne tressaillira; frappez-le, il ne sentira pas la douleur. » Cependant le sujet a conscience de son état, il ne perd rien de ce qui se dit ou se passe autour de lui, et, revenu à Tétat normal, il rendra compte de tout ce qu'il a éprouvé.

Cet état rappelle la catalepsie, dont il est d'ailleurs très voisin, et qui le suit immédiatement, pour peu que l'excitation visuelle qui Ta produit augmente un peu d'intensité. Si on dirige Toeil d'un sujet mis en fascination

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par le regard vers une lumière vive, l'état se modifie immédiatement; laface, d'empourprée qu'elle était, devient pâle, l'œil demeure fixe, perdu dans une véritable extase; les membres, immobiles le long du corps, peuvent recevoir et conserver les positions qu'on voudra leur donner. Mais, tout en rappelant la catalepsie, il n'est pas non plus sans analogie, au point de vue psychique, avec le degré de somnambulisme imparfait dans lequel, bien que la conscience soit conservée, le sujet obéit automatiquement aux injonctions de l'opérateur.^ Citons encore les expériences suivantes (!) :

Je prie M. C... de fermer vigoureusement le poing, et, l'élevant au-dessus de sa tête, de le faire tomber violemment sur mon épaule; tant que je ne le regarde pas, il exécute ce mouvement avec une force qui fait honneur à sa musculature et témoigne de sa parfaite indépendance et liberté d'esprit; mais au moment où, pour la première fois, il va frapper, je le fixe brus* quement... le bras est resté suspendu, le poing fermé, le membre est agité de mouvements quasi tétaniques ; c'est que la fascination est survenue, pétrifiant M. C... dans Taccomplissement de son geste énergique.

Je prie M. Z... de vouloir bien compter, à haute voix et le plus fort possible, un..., deux..., trois..., etc. Je le regarde maintenant de très près, en le priant de fixer son regard sur le mien. Aussitôt sa parole hésite... il poursuit cependant faiblement : huit..., neuf..., puis se tait. L'état de fascination est survenu, entraînant la contraction dçs muscles masséters...

M. Z... est prié de vouloir bien ramasser le mouchoir déposé sur le parquet. Il se baisse, saisit le mouchoir, mais, au moment de se relever, il me regarde; un brusque coup d'oeil l'hypnotise, les muscles du bras et du tronc se contracturent immédiatement et le sujet reste immobile dans cette position gênante.

L'imitation se développe chez certains sujets avec une

(1) P. Brémaud, BulL du cercle Saint-Simon, déjà cité.

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