‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 91 sur 114 · HYPNOSE UNILATÉRALE · texte numérisé non relu

HYPNOSE UNILATÉRALE

rieur du même c6té. On était ainsi conduit à penser que chez ce sujet le cerveau gauche avait seul conservé son activité fonctionnelle.

La vérification de ce fait fut demandée à la métalloscopie. Par l'application du métal auquel elle était sensible, on transféra les phénomènes léthargiques du côté opposé. En même temps les états cataleptique et somnambulique du membre supérieur gauche et inférieur droit ne pouvaient être produits qu'en faisant agir la lumière sur Tœil gauche et en frictionnant la partie gauche du vertex.

La paralysie, qui frappait primitivement le cerveau droit, se trouvait donc transférée au cerveau gauche.

Chez une autre hystérique hémi-anesthésiqueetachromatopsique gauche, on provoque le transfert des accidents hystériques à droite, puis on la soumet aux procédés hypnogéniques. Alors on constate que la catalepsie, la léthargie et le somnambulisme sont successivement produits dans la partie gauche du corps, le côté droit restant indifférent. Le transfert de l'activité cérébrale a donc eu lieu de l'hémisphère gauche à l'hémisphère droit.

Si par des applications métalliques appropriées on ramène la sensibilité dans la partie frappée d'anesthésie, on obtientalors les différentes périodes hypnotiques pour le corps entier (1).

Ces expériences d'hypnose unilatérale chez les individus sains ou hystériques conduisent à admettre qu'un

(1) M. Dumontpallier avait conclu de ces expériences que chez les hystériques hémi-anesthéfiques, les phénomènes des trois phases hypnotiques ne peuvent être provoqués que du côté sensible Mais cette conclusion ne saurait être généralisée, car beaucoup de malades hypnotisées à la Salpêtrière étaient des anesthésiques totales et pourtant pouvaient être plongées dans le sommeil nerveux.

262 l'hémi-hypnotisme

seul hémisphère cérébral représente Tindividu tout entier, conserve la conscience du moi et suffit à ses fonctions de relation. Mais dans quel état se trouve Tintelligence. son organe étant ainsi diminué de moitié?

Il semblerait, d'après M. Chambard (1), que si un hémisphère suffit pour la vie psychique, la privation de l'autre ne s'en fait pas moins sentir dans une certaine proportion. D'abord, à la suite de la paralysie hypnotique de l'hémisphère gauche le sujet devient partiellement aphasique, ce qui, évidemment, le rend considérablement inférieur à lui-même. Mais en ne considérant que ce qui survient, si c'est l'hémisphère droit qui est frappé de paralysie, on peut remarquer que les mouvements et les actes du sujet ont perdu de leur précision et de leur régularité. Son écriture, par exemple, est incorecte, les lettres sont déviées parfois dans un sens opposé à l'inclinaison normale. L'intelligence elle-même est atteinte dans son intégrité ; elle devient plus paresseuse, moins ' alerte. Diverses expériences semblent démontrer que la puissance de volonté est amoindrie et que la tendance naturelle à l'imitation, qui est d'autant plus grande chez un individu qu'il est moins intelligent, devient beaucoup plus prononcée. Si à un sujet hypnotisé unilatéralement on commande d'exécuter un acte pendant un certaintemps, comme de tourner les pouces ou de battre de^ trilles avec les doigts suivant un rythme déterminé, e't que l'expérimentateur, en face de lui, exécute le mêm^ acte, on remarque quand ce dernier s'arrête, que l'hypno tisé s'arrête aussi, bien qu'il ne doive pas le faire. Au bou ^ d'un instant, par un effort de volonté, il reprend so^ mouvement. Si, pendant qu'il exécute le même acte qu. ^

(1) Chambard, Encéphale, t. I, 1881.

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