‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 98 sur 114 · DÉDOUBLEMENT DE LA PERSONNALITÉ · texte numérisé non relu

DÉDOUBLEMENT DE LA PERSONNALITÉ

résolutions différentes ; que, si toute lutte intérieure était le résultat de l'opposition fonctionnelle des deux hémisdevenir absolument dissociées à l'état pathologique. Mais les conséquences extrêmes qu'en veulent déduire les derniers auteurs que nous venons de citer sont assurément excessives.

On a voulu, dit M. Ribot, établir que ce dualisme cérébral suffit à expliquer tout désaccord dans Tesprit, depuis la simple hésitation entre deux partis à prendre jusqu'au dédoublement complet de la personnalité. Si nous voulons à la fois le bien et le mal, si nous avons des impulsions criminelles et une conscience qui les condamne, si le fou par instants reconnaît sa folie, si le déliranta des moments de lucidité, si enfin quelques individus se croient doubles, c'est tout simplement parce que les deux hémisphères sont desaccordés; l'un est sain, l'autre morbide; un état siégea droite, son contraire à gauche ; c'est une sorte de manichéisme psychologique... Ces oppositions dans la personne, cette scission partielle dans le moi, tels qu'ils se trouvent aux moments lucides de la folie et du délire, dans la réprobation du dipsomane pour luimême pendant qu'il boit, ne sont pas des oppositions dans Vespace (d'un hémisphère à l'autre), mais des oppositions dans le temps. Ce sont, pour employer une expression favorite de Lewes, des attitudes successives du moi (1).

Le même auteur fait observer qu'il existe dans la science des cas d'individus qui se croient triples : Esquiros cite l'exemple d'un prêtre qui, pour avoir trop médité sur le mystère de la Trinité avait fini par s'attribuer une triple personnalité et voir triples les objets autour de lui; que, de plus, il est évident que la lutte entre divers états de conscience n'est pas limitée à deux états ; qu'on peut être tiraillé entre un nombre plus ou moins grand de

(1) Ribot, Maladies de la personnalité^ Paris, 1885.

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phèreSy chez les indîyîdos rédaîts à un seul hémisphère, aucune lutte intérieure ne pourrait se produire. Enfin, fait-il encore remarquer, la masse des états conscients, subconscients et inconscients qui constituent notre personnalité se résume à chaque instant en une tendance qui est Texpression momentanée. Cette tendance est essentiellement changeante et mobile, comme les états de conscience eux-mêmes, ce qui produit l'illusion de la pluralité personnelle.

L*état de conscience prépondant à chaque instant, dit-il, est pour rindividu et pour les autres sa personnalité.

Concluons donc en affirmant le dualisme cérébral, mais en faisant quelques réserves sur le rôle que joue ce dualisme cérébral dont le phénomène pathologique du dédoublement de la personnalité, et surtout sur les explications par trop simples qui ont été données.

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