CONCENTRATION
La Concentration est l’art de s’isoler des impressions extérieures pour forcer l’attention, vaincre l’in différenc e et dominer en même temps les forces physiques et les forces psychiques. Se concentrer, c’est diminuer le volume de son rayonnement en le localisant sur un sujet, non pas un sujet simple, une pensée unique, par exemple, mais sur un ensemble de pensées se rapportant au même sujet.
Se concentrer, c’est ramener à leur centre ses forces dispersées, rassembler son énergie, faire appel à toute son intelligence et à toute sa volonté pour vaincre plus sûrement les obstacles qui pourraient nous empêcher d’arriver au but que nous voulons atteindre. C’est se donner corps et âme à ce que l’on fait pour le faire mieux et plus vite.
Celui qui sait concentrer,sa pensée et la diriger
vers- le but qu’il veut atteindre sans la laisser dévier, sans rien perdre, décuple de ce fait seul sa puissance et ses moyens d’action.
« L’homme, dit Atkinson, qui sait prendre un intérêt dans son travail et trouver un plaisir véritable dans sa tâche de chaque jour, est évidemment celui qui produit le plus et qui vit le plus heureux. Il ne connaît ni l’ennui, ni la lassilude, ni le dégoût, ni l’abêtissement. L’homme qui a sans cesse les yeux sur la pendule où qui suspend constamment son pic dans l’attente de la cloche, n’est qu’une pauvre et misérable machine à qui sont également défendues les joies de l’action et les satisfactions du devoir. » ( Force- Pensée , p. 89.)
En se livrant quotidiennement pendant quelques mois a des exercices spéciaux ayant un double but : 1° concentrer sa pensée sur une idée sans la laisser divaguer : 2° développer son endurance et ses forces physiques, on se dégage de plus en plus de la vie extérieure, on se soustrait aux distractions qui sollicitent constamment l’esprit, et on augmente dans une très large mesure son habileté au travail quel qu’il soit, ses ap^ titudes générales et spéciales et ses moyens d’action.
« La concentration de la pensée sur l’expression rentrer en soi , dit Mulford, ou sur l’image de votre esprit avec ses tins filaments électriques se rapportant aux gens, aux lieux et aux choses éloignés, se contractant et se concentrant en un foyer, aidera grandement à parvenir à ce but, parce que tout ce qu’on imagine intellectuelle-
ment est une réalité spirituelle, c’est-à-dire que l'on fait actuellement en esprit ce que l’on imagine. »
Ce procédé peut certainement aider à la concentration, mais il est insuffisant. Les exercices des deux chapitres précédents disposent également, préparent et facilitent les exercices suivants qui me paraissent en être le complément indispensable. Il est môme bon, je l’ai déjà dit, de s'isoler pendant quelques minutes avant de commencer n’importe quelle série d’exercices.
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I. — En faisant tous ses efforts pour ne penser qu’à ce que l’on fait, tous les exercices de gymnastique sont bons, car en développant les forces physiques, on développe la faculté de se concentrer. Si tous les exercices de gymnastique sont bons, il est inutile d’en faire ici rénumération.
TT. —• Dans toutes les circonstances de la vie, faire tout son possible poiir arrêter les mouvements involontaires, tels que: action de se mordre les lèvres, de rouler sa langue dans sa bouche, balancement du corps, hochement de io tête, haussement des épaules, clignement des paupières, sucement des dents, tambourinement des doigts, tapotement des pieds et autres mouvements qui sont toujours désagréables à ceux qui nous entourent, et usent inutilement nos forces, En société,éviter de rire où même de sourire constamment ; c’est un signe de faiblesse physique et d’infériorité morale. On doit bonjours garder, même lorsqu’on est seul v une attitude correcte calme, digne, sans raideur ni affaissement, en tâchant de prendre l’expression que l’on prend
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naturellement en voyant des choses agréables. S’astreindre à supporter sans tressaillir les bruits soudains, tels que celui de la sonnette qu’un visiteur nerveux agite, le choc d’un verre qui se brise, d’une porte qui se ferme brusquement, d’un objet qui tombe.
Il est bon de se raisonner pour cela, de s’exercer dans la journée, ne serait-ce qu’une fois de temps en temps.
III. — Tenez-vous droit sur votre chaise, la ***? ferme, le menton développé et les épaules aussi effacées que possible. Elevez latéralement le bras droit jusqu’à la hauteur de l’épaule, tournez la tête à droite en regardant le bout des doigts, et en maintenant le bras dans sa position horizontale pendant une minute au moins. Faites la même expérience avec le bras gauche, et quand vous serez arrivé à des mouvements aisés et précis, augmentez la durée de jour en jour. Accroissez-en le temps de une à deux minutes, puis de deux à trois, et ainsi jusqu’à cinq. (Atkinson.)
IV. —• Prenez un verre d’eau, tenez-le entre les doigts et tendez le bras droit bien en face, de vous. Immobilisez-le autant que possible, de manière à éviter à votre verre toute trépidation. Augmentez la durée de l’expérience de la même manière et dans la proportion indiquée précédemment, (ici.)
Les résultats obtenus par la mise en pratique des exercices indiqués dans les trois chapitres qui précèdent, sont considérables pour ceux qui veulent bien se donner la peine de les faire consciencieusement pendant cinq à six semaines seulement. Au bout de ce îemps, ceux qui sont par-
venus à les faire avec une certaine facilité peuvent déjà maitriser leurs pensées et leur imprimer un mouvement déterminé selon leurs goûts, leurs désirs, leurs tendances, leurs besoins. Ils sont plus forts, mieux équilibrés au physique et au moral, plus complètement maîtres de leur corps et de leur esprit. Ils peuvent faire leur travail habituel mieux et plus vite, se reposer quand ils veulent, aussi bien le jour que la nuit, et sentir que leur personnalité magnétique se développe et grandit rapidement.
Deux exemples choisis parmi les plus simples et les plus familiers vont faire comprendre l’utilité de ce développement.
—• Une ménagère qui ne peut pas fixer sa pensée sur ce qu’elle fait, fait toujours mal son ouvrage.
Son couvert, par exemple, n’est qu’à moitié placé; et à chaque instant du repas, l’un s’aperçoit qu’il lui manque un couteau, un autre une fourchette; et tous manquent de ceci ou de cela. On se plaint; et la ménagère, qui n’a pas .mauvaise volonté, s’excuse en disant simplement : ma foi , ce n'est pas de ma faute; je l'ai encore oublié.
Rien ne sera plus oublié à l’avenir si elle a suivi les prescriptions indiquées; car sachant ce qu’elle doit faire, elle le fera parfaitement, sans aucun effort, étant devenue capable de concentrer sa pensée sur la seule idée de placer son couvert , au lieu de la laisser vagabonder. La mémoire étant ainsi toujours en éveil, l’oubli ne sera plus possible,
En se promenant pour se distraire ou se reposer, beaucoup de gens gesticulent, remuent les lèvres comme s’ils parlaient, parlent même à demivoix, comme s’ils s’entretenaient avec des êtres invisibles; et, en effet, ils sont encore à leurs affaires, discutant et même se disputant avec un concurrent, avec un client, avec un fournisseur. Agités, énervés, voyant à peine ceux qui les coudoient, ils courent d’un pas automatique après des chimères, se fatiguent encore, se fatiguent toujours; et peu à peu, l’épuisement arrive.
Il n’en sera plus ainsi pour le plus distrait qui s’astreindra à mettre en pratique les exercices indiqués, car il acquerra rapidement le pouvoir de concentrer sa pensée sur un seul objet : au point de vue où nous nous plaçons ici, sur la 'promenade qui le reposera au lieu de le fatiguer.
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