MÉDITATION
La méditation est un état dans lequel entre notre esprit pour réfléchir sur un sujet quelconque, l’examiner sérieusement, l’approfondir et chercher à le connaître aussi complètement que possible. C’est dans la méditation que l’on cherche l’inspiration, c’est-à-dire, d’après la définition que l’on donne de ce mot, non pas en théologie, mais en littérature, de mettre en activité toutes les facultés intellectuelles pour découvrir quelque chose de beau, de bon, de bien.
Elle consiste à conserver un sentiment favorable, en l’empêchant de traverser trop vite le champ de la conscience, pour l’obliger à éveiller en nous les idées et les sentiments qu’il est susceptible de donner; à repousser les pensées et les sentiments défavorables qui pourraient encore nous assaillir; à porter sur les diverses circonstances de la vie un regard pénétrant pour en'saisir, jusqu’aux moindres détails; à utiliser fructueusement les ressources qui sont à notre disposition et éviter les dangers auxquels nous sommes constamment exposés. Elle permet d’acquérir
la force, l’endurance, la vertu qui caractérise les aines élevées; et, comme le dit judicieusement Atkinson, elle « assure le moyen de s’équiper pour le 1 présent et de se préparer pour l’avenir. »
Pour méditer utilement, il faut être dans de bonnes dispositions physiques et morales, et se préparer par l’isolement pendant 5 minutes au moins. Ouvrir ensuite complètement le champ de la conscience pour recevoir toutes les influences, toutes les pensées, toutes les idées, tous les sentiments qui peuvent y arriver; les discuter, garder les bons, repousser les mauvais, et concentrer ('son énergie sur les résolutions que l’on veut prendre. La figure 20 fait bien comprendre ce qui ?e passe dans l’état méditatif: on reçoit de toutes parts des intuitions, des pensées et des forces que l’on utilisera selon ses besoins.
Si on ne fixe pas son attention sur un sujet spécial, on cherche à évoquer les idées du beau, du bien, du bon, de l’utile; à faire.naître en soi des sentiments d’intérêt général, à éveiller des mouvements d’affection, à découvrir une voie nouvelle qui puisse nous 'être utile, à chercher à établir des règles de conduite.
Fixant au. contraire son attention sur un sujet déterminé, on cherche à le considérer dans tous ses détails, sous tous ses aspects, dans le but d<^S*v balancer les avantages et les inconvénients; on raisonne sur les uns et sur les autres pour calculer les chances de réussite et parvenir le plus sûrement au but que l’on veut atteindre.
Au point de vue où nous nous plaçons, nous pouvons prendre/ comme sujet de méditation le déve-
Fïg. 20, — La conscience est ouverte pour recevoir
loppement de notre personnalité magnétique, en analysant toutes les impressions qui ne manqueront pas de se faire sentir, et en cherchant à bien comprendre les avantages qu’il y a à ne rien négliger pour y parvenir. On peut ensuite prendre un sujet particulier: vouloir, par exemple, se débarrasser d’un défaut et développer plus particulièrement. telle ou telle qualité que l’on désire mettre à la place.
Nous avons presque tous plus ou moins conscience qu’il y a en nous, c’est-à-dire en notre corps physique , comme je l’ai déjà expliqué, deux principes : l’un qui régit nos facultés instinctives, c’est Y astral, Y esprit; l’autre qui régit nos facultés morales, c’est le mental , Yàme, îe moi des philosophes. Mais cette idée est plus ou moins confuse, et il arrive souvent qu’en voulant la comprendre mieux on la laisse échapper.
Dans la méditation, en rapportant tout à soimême, en se considérant comme le centre de la vie extérieure, on parvient non seulement à comprendre assez facilement le mécanisme de notre triple individualité, mais aussi la grandeur du but que chacun de nous doit atteindre.
En parlant de l’individu qui cherche son moi , Akinson s’exprime ainsi :
«... Qu'il se dépouille pour un instant de sa personnalité physique, qu’il s’isole complètement de la vie extérieure, qu’il se réduise à une simple abstraction et se dise : « où est et que représente mon invidualité ? » Il en saisira le plus souvent l’idée que nous en avons nous-meine, que nous ne pouvons définir — tant elle est abstraite et que nous voudrions donner — tant
elle importe à la conduite et au bonheur de l’homme. S’il arrive que cette idée ne se dégage, pas des premières expériences, d’autres essais devront être tentés jusqu’à son complet rayonne- Vment. Quand il sera arrivé à ce résultat, un sentimént de joie immense le pénétrera. Il aura compris le problème de ses origines et de sa fin, saisi dans sa signification supérieure l’idée* de la vie et de sa propre destinée, pénétré l’au-delà, et se sera élevé jusqu’aux horizons célestes, fl aura enfin compris l’éternité et saura désormais que si son être physique est misérable, si son être intellectuel est provisoire et borné, son être moral, du moins, est éternel et infini. L’œuvre de la création lui apparaîtra dans toute sa magnificence et, lui si petit, si borné, si fugitif, se verra dans kl chaîne des siècles et dans l’immense univers comme le trait impérissable et sublime qui relie les générations du passé à celles de l’avenir. » (Force-Pensée , p. 46.)
On peut méditer partout : dans les champs, dans les bois, à toute heure du jour ou de la nuit; mais c’est surtout dans la solitude que l’on en profite ^ le mieux. Ceux qui sont peu sensitifs méditent très bien soit au clair de la lune, soit auprès d’une cascade. A mon avis, la meilleure méditation est celle que l’on fait en se couchant, à la condition de s’endormir sur la résolution que l’on vient de prendre, c’est-à-dire en pensant doucement faire à l’avenir telle ou telle chose ou éviter telle ou telle action.
11 y a un écueil à éviter, c’est de s'abandonner à la rêverie; car dans cet état l’attention sommeille, laissant les trames d’idées et de sentiments
se jouer librement dans le champ de la conscience et s’enchaîner sous l’action des înfluences les plus insignifiantes et parfois les plus imprévues. La rêverie sentimentale, qui mène trop facilement aux idées attendrissantes, est particulièrement nuisible au développement de la personnalité magnétique, car elle est susceptible de nous faire perdre notre énergie.
Bien dirigée, la méditation devient l’un des facteurs les plus importants du développement de la personnalité magnétique. Dans YEducation de la volonté dont j’ai parlé dans le chapitre 1 er de la première partie, Payot, qui ne la considère qu’au point de vue philosophique, s’exprime ainsi :
« Elle donne naissance à de puissants mouvements affectueux, elle transforme en résolutions énergiques les velléités, elle neutralise l’influence des suggestions du langage et de la passion, elle permet de plonger dans l’avenir un regard lucide et de prévoir les dangers d’origine interne, d’éviter que les circonstances extérieures donnent des secours à notre paresse native...
« Elle permet de dégager de l’expérience de chaque jour des règles d’abord provisoires, qui vont se confirmant, se précisant, et finissent par acquérir l’autorité de principes directeurs de la conduite. » (1905, p. 123.)
Elle nous fait percevoir par les sens de l’âme des impressions que les sens du corps ne perçoivent pas. En dehors de cela, elle nous apporte des forces morales, des forces intellectuelles et même des forces physiques.
jin/lirjl tt*T) p'xlrti dire