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digne et ne pas descendre jusqu’à l’humilité, car l’humilité exagérée conduit à la bassesse ; la bassesse oblige à ramper aux pieds des autres et ceux qui rampent sont toujours plus exposés que les autres aux brutalités du sort.
«Vouloir bien, vouloir longtemps, vouloir toujours, mais ne jamais rien convoiter, tel est le secret de la force. C’est cet arcane magique que Le Tasse met en action dans la personne des deux chevaliers qui viennent délivrer Renaud et détruire les enchantements d’Armide, Ils résistent aussi bien aux nymphes les plus charmantes qu’aux animaux féroces les plus terribles ; ils restent sans désirs et sans crainte, et ils arrivent il leur but. » (Eliphas Levi, Rituel.)
Il ne faut accepter le plaisir que lorsqu’on le veut et ne le vouloir que lorsqu’il est nécessaire, car si on l’accepte à chaque fois qu’il se présente, on gaspille sa force inutilement. Il est donc nécessaire cVabsorber la force d’un désir que l’on ne doit pas satisfaire, pour employer cette force selon ses besoins, comme je l’ai expliqué dans le chapitre précédent.
Il est indispensable de prendre de l’empire sur soi-méme et de maîtriser ses impressions, car on ne maîtrise les autres que lorsqu’on est maître de soi.
La gaîté, l’espérance, la confiance en soi engendrent l’amour de la vie, et l’amour de la vie,
c’est la moitié de la santé physique et morale. Jl faut donc mettre à profit les moyens précédemment indiqués pour chasser la tristesse, la désespérance et le découragement qui conduisent fatalement à l’insuccès et au malheur.
L'homme dont la personnalité magnétique est développée à un certain degré a souvent besoin de solitude pour méditer et se mettre plus facilement en contact avec les forces supérieures de la nature; mais le plus grand nombre d’entre nous doivent rechercher la société, fréquenter meme beaucoup de gens, à la condition de faire un choix rigoureux, car nous absorbons la pensée des autres et nous nous pénétrons facilement, même sans nous en douter, de leur manière d’être, de leurs qualités et surtout de leurs défauts. Nous gagnons à fréquenter des gens plus évolués que nous, tandis que nous perdons davantage encore, au contact prolongé de ceux qui sont moins évolués, à moins de nous mettre en état d’expansion, pour nous défendre, comme je l’ai indiqué à la fin du chapitre précédent.
On doit rechercher la vue des choses gaies, éviter le plus possible celle des choses laides, et ne jamais accepter d’invitation que chez les gens qui nous sont sympathiques.
Il faut être digne avec tout le monde ; mais dans les rapports sociaux on ne doit pas se laisser absorber. Sans avoir la prétention de diriger lés sociétés que Ton fréquente, on doit so retirer
de celles où l'on n’aurait, pas une initiative quelconque, à moins d’y aller exclusivement pour son éducation.
La discrétion est une qualité indispensable au développement de la personnalité- magnétique, car si on connaissait publiquement le but que vous voulez atteindre, on se méfierait de vous et cette, méfiance neutraliserait votre pouvoir. D’autre part, le public doit généralement ignorer nos désirs, nos intentions, nos plans, nos desseins, car en les communiquant, d’abord nous perdons de la force, ensuite ainsi publiés, nos plans et nos desseins peuvent être réalisés par d’autres, à notre détriment. On doit toujours avoir présent à la mémoire que le secret constituait un des principaux arcanes de la magie antique, et- que les mages contemporains lui attribuent encore la plus grande importance. Il ne faut pourtant pas garder toujours un mutisme absolu ; mais nous ne devons nous en départir qu’envers quelques amis sûrs, plus évolués que nous, et susceptibles de nous aider de leur expérience et de leurs bons conseils.
Peu d’entre nous savent être heureux. Jouets des passions qui les gouvernent, les malheureux sont sans cesse attirés ou repoussés par des courants d’influence dont ils ignorent l’existence ; et comme des aveugles abandonnés au milieu du tumulte, ils sont constamment ballottés, agités, entraînés, sans même penser à la résistance, ils ignorent que la source des biens dont nous jouissons, comme celle des maux que nous endurons
est en nous et non pas hors cle nous, que nous avons ce que nous attirons, e( que nous n’attirons que ce que nous méritons.
Il ne faut jamais rechercher les louanges et moins encore la flatterie, car « tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. »
Lorsqu’un vaniteux se laisse émouvoir par la flatterie un courant mental s’établit de lui au flatteur (flg. 1), et celui-ci gagne la force perdue par le premier. Ne recherchez pas les compliments ; « aimez qu’on vous conseille et non pas qu’on vous loue ».
« La foi soulève les montagnes », car elle met précisément le croyant dans l’état voulu pour agir'lui-même avec efficacité. Que ceux qui ont la foi religieuse la gardent en cherchant à l’orienter vers le développement de leur personnalité, que les spirites qui croient à l'intervention de leurs bons esprits continuent à les évoquer, et que ceux qui ne croient à rien tâchent au moins de croire à la possibilité de développer leur puissance personnelle. Pour cela, rien n’est plus facile. Qu’ils se mettent hardiment à la tâche, ils obtiendront bientôt quelques résultats satisfaisants qui ne demanderont qu’à grandir ; et au fur et à mesure que ces résultats grandiront, la confiance en leur pouvoir personnel augmentera, et la foi ne tardera pas à venir. Timide et faible d’abord, elle se développera progressivement et pourra devenir suffisamment puissante pour accomplir de véritables prodiges.
Pour réussir dans n’importe quelle entreprise, dans n’importe quelle affaire, il faut de la persévérance. « Tout plan, tout projet, tout dessein, qu’il se rapporte à une affaire ou à une invention est une construction réelle d’invisible élément, et cet édifice virtuel est aussi un aimant, car il attire à lui des forces constructives. Persévérez dans votre plan ou dans votre projet et ces forces s’approcheront de vous de plus en plus, deviendront de plus en plus puissantes et produiront des résultats d’autant plus favorables. Abandonnez votre projet, vous arrêtez la venue de ces forces et vous détruisez autant de force attractive que vous en avez précédemment amoncelé. Le succès de toute entreprise repose entièrement sur celte loi » (Mcjlford).
Un autre élément de succès non moins important se trouve dans la manière de penser. Puisque la pensée attire des matériaux édificateurs, il faut non seulement penser longtemps à tout ce qui se rapporte h l’affaire, à la cause que l’on veut faire aboutir, mais il faut y penser souvent, avec méthode, en formulant un plan d’exécution aussi complet que possible, sans toutefois être trop compliqué. Tout en pensant souvent à ce plan, il ne faut pas y penser constamment, car l’élaboration se continue dans de bien meilleures conditions, sous la direction de l’ingonscierit, pendant que l’on pense- à autre chose, pendant que l’on ne pense à rien, et surtout pendant que l’on dort.
Il y a un très grand avantage, le soir au lit, à méditer sérieusement sur le plan de son projet pendant 10 à 15 minutes, et à s’endormir en y pensant, ou ce qui vaut mieux encore, en ne pensant à rien^ conformément aux principes exposés dans le chapitre 3 de la seconde partie.
La connaissance et le respect de soi-même rigoureusement contrôlés par la raison constituent une puissance souveraine. Tout en étant fort, celui qui se connaît bien reste toujours simple, modeste et digne.
Soyons surtout pratiques ; ne nous écartons pas trop des méthodes raisonnables et n’employons jamais que des moyens logiques, honnêtes ef droits. Sachons limiter nos aspirations.. Ne nous attachons pas trop aux biens de la terre qui, non seulement sont périssables, mais qui peuvent nous être enlevés du jour au lendemain, et renonçons aux honneurs, aux titres et aux décorations qui ne sont que des hochets de la vanité. Recherchons surtout la santé qui est le plus précieux des biens terrestres; tâchons d’acquérir la grandeur d’âme, la noblesse de rintelligence et la bonté du cœur qui sont indestructibles, et « le reste viendra par surcroît. » Tâchons aussi de comprendre que, sous de modestes apparences, l’individu que l’on considère parfois comme un pauvre homme peut être plus riche (en véritables biens) que le plus grand nombre des millionnaires.
Il faut de l’activité ; le mouvement, c’est la vie, a-t-on dit, avec juste raison. Pour développer ses forces et se frayer un chemin, il faut rechercher 1 action, travailler beaucoup et ne pas dédaigner la lutte.
Il ne faut pas craindre de donner de soi-même, car, dans une très large 'mesure, plus l’homme dépense de force plus il en reçoit ; plus il se prodigue, mieux il se porte. C’est pour cela que pres-
que tous les grands magnétiseurs qui ont consacré leur vie au soulagement de leurs semblables, sont morts heureux, à un âge très avancé.
Ne soyons ni avares ni prodigues ; mais si nous faisons de gros bénéfices, donnons largement. Dans tous les cas, faisons tout notre possible pour soulager les misères des malheureux qui nous entourent, sans toutefois nous apitoyer sur leur sort.
Aimons la vie ; rendons-la aussi agréable que possible et tâchons de la prolonger, car c’est surtout dans notre passage à travers la matière physique que nous évoluons.
Mais quand la dernière heure a sonné, lorsque les organes qui servent de vêtements à l’être réel sont usés, quittons-les avec joie, en nous rappelant- que la vie actuelle n’est qu’un chaînon de l’immortalité, qu’elle ne constitue qu’un échelon de l'interminable échelle que nous devons monter, et qu'après un temps de repos, nous renaîtrons dans des conditions d’autant meilleures que nous aurons fait davantage pour les mériter.