HYGIÈNE PHYSIQUE ET MORALE
Ce n’est généralement pas à la médecine mais à l’hygiène que l’homme doit avoir recours pour se débarrasser du plus grand nombre des maux qui l’accablent et surtout pour les éviter, car le médecin est aussi impuissant à guérir les autres qu’à se guérir lui-même. La santé ne s’achète pas sur ordonnance, elle se mérite. Notre force, nos moyens de réussite sont placés sous le contrôle immédiat de notre raison, et c’est dans l’hygiène bien comprise que nous devons trouver non seulement le moyen de vivre cent ans, mais de vivre heureux et bien portants.
Ce court chapitre, dont la plus grande partie n’est que le résumé de ce qui précède, n’a guère sa raison d’être pour ceux qui ont acquis un certain degré de développement, car ils ont déjà com-
pris quelle est la ligne de conduite qu’ils doivent tenir vis-à-vis d’eux-mêmes. Je ne l’écris que pour ceux qui, attardés sur le chemin du bonheur, ont la ferme volonté d’y avancer le plus vite possible. Je le divise en hygiène physique et en hygiène morale.
Hygiène physique. — On doit toujours se soumettre aux règles ordinaires de la nature qui nous sont suffisamment indiquées partout. Ceux qui ne les connaîtraient pas assez pourraient prendre d’excellents exemples, en observant les animaux. Dans tous les cas, il faut s’abstenir de toute pratique inventée parties inféressés à l’encontre de la nature, sous le fallacieux prétexte d’augmenter nos forces ou nos jouissances maté-
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Autant que possible, sè coucher tôt, après une journée bien remplie par le travail, et se lever matin, à des heures régulières et toujours les mêmes. Selon la nature du travail qu’il fait, selon son tempérament et son état de santé, la durée du sommeil de l’adulte doit être comprise entre <ï et 9 heures. II est bon de s’habituer à dormir la fenêtre ouverte, hiver comme été, car nos poumons ont besoin d’air pur et suffisamment renouvelé. Revoir à ce sujet le chapitre qui traite de la Respiration profonde.
Les repas doivent également être pris à des heures toujours les mêmes. On doit manger len-
tenient, en broyant les aliments le mieux possible. Ne pas lire à table, ne pas discuter avec emportement ; et autant que possible, choisir pour la conversation — qui ne doit pas être trop active — des sujets intéressants et gais. Ne jamais manger sans avoir faim, et quitter la table avec un certain appétit, car ce n’est pas la quantité d’aliments qu’il nous faut, mais surtout la qualité. Une alimentation légère convient le mieux au plus grand nombre d’entre nous, surtout à ceux qui se livrent à des travaux d’esprit. Le régime végétarien est excellent pour quelques-uns, tandis que l’abus de la viande est nuisible au plus grand nombre. Un régime mixte bien compris, suffisamment varié, est celui qui est le plus profitable à tous. Dans tous les cas, se rapporter pour cela beaucoup, à ses.goûts et surtout à son expérience, car un aliment que l’on mange avec satisfaction digère presque toujours bien et fournit assez des matériaux utiles à l’assimilation pour entretenir convenablement l’organisme. Le meilleur élixir de longue vie, c’est, la frugalité et la sobriété; dans tous les cas, il faut éviter tes apéritifs et les digestifs comme on évite des poisons, et considérer l'alcool comme un médicament parfois utile, mais très souvent nuisible.
L’air et la lumière du soleil, sont des aliments qui nous sont presque aussi indispensables que ceux que nous absorbons par la bouche.
Ceux qui travaillent à l’intérieur doivent prendre quotidiennement de l’exercice en plein air et tâcher de mettre tous les muscles en activité. La
natation, le canotage, le patinage, la gymnastique, la bicyclette, les jeux, et promenades au soleil, les distractions en général, et surtout la marche à une bonne allure tonifient le corps et l’esjorit ; mais leur abus fatigue inutilement ou conduit à la dissipation, et la dissipation mène au vice.
L’extérieur doit être bien soigné. En évitant le laisser-aller comme le luxe criard, on doit s’habiller avec décence, sans recherche et surtout sans extravagance. Les vêtements doivent être peu serrés, d’une coupe commode et bien comprise, pour n’opposer aucun obstacle à nos mouvements. On doit s’habituer à ne pas trop se couvrir en hiver et à ne pas trop se dévêtir en été.
Une habitation gaie, claire, bien aérée, vaste surtout dans les villes, si nos moyens le permettent, contribue dans une large mesure à la santé et au bonheur.
Une propreté méticuleuse de toutes les parties du corps, des vêtements et de l’habitation est absolument nécessaire.
Beaucoup de maux de tête et de malaises inexpliqués sont dus à l'action des odeurs. Rien ne sent bon comme une femme et même comme un homme robuste et sain. Les odeurs ne devraient jamais être employées que pour corriger certaines senteurs maladives. En pleine santé, il n’y a que les marchands de. poissons et de fromages à
la halle qui devraient s’odoriser lorsqu’ils vont dans le monde.
Ne pas s’écouter outre mesure, mais obéir aux moindres avertissements donnés par nos organes sous forme de douleur ou même de malaise. Rechercher la cause de cette souffrance et tâcher de la supprimer; pour cela, les moyens les plus simples sont presque toujours les plus efficaces. Redoubler alors de soins hygiéniques, employer de suite 1’auto-magnétisation* la magnétisation de l’un des siens, et même avoir recours à la main d’un ami sympathique.
Lorsque l’on’ a laissé un malaise se transformer en une maladie, et surtout lorsque cette maladie est passée à l’état chronique depuis longtemps, il faut parfois beaucoup de temps et de patience pour s’en débarrasser, et le concours d’un magnétiseur de profession peut être nécessaire. Pour permettre au plus grand nombre de ces malades de se traiter eux-mêmes, j’ai rédigé, dans un style simple, concis, à la portée de toutes les intelligences, des monographies relatives au traitement du plus grand nombre des cas. Ces études sont publiées sous la forme d’un élégant petit volume illustré de figures explicatives, par la Librairie du Magnétisme , dans sa collection des Pour combattre... Un certain nombre de ces études ont également paru dans le Journal du Magnétisme , sous le titre de Conseils 'pratiques.
Si l’on vient d’être victime d'un accident, ou si l’on est brusquement affecté d’une maladie aiguë, il laut appeler de suite un médecin, car dans ce cas, il est bon d’être scientifiquement traité selon
les formules de la Faculté ; il ne doit même pas être désagréable, lorsqu’on ne peut pas faire autrement, de mourir doctoralement, conformément aux règles de l’art.
Hygiène morale. — Ne jamais faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas qu’il nous frit fait à nous-mêmes. Pour bien se pénétrer de la haute valeur de ce précepte, revoir le chapitre 2 de la seconde partie.
Les mauvaises habitudes et les passions constituent des obstacles presque insurmontables au développement de la personnalité magnétique. Il faut donc porter toute son attention sur la résolution bien arrêtée de s’en débarrasser au plus vite. Si on n’y parvient pas par le raisonnement et par la volonté seule, il faut employer l’auto-suggestion (revoir ce chapitre) et même l’absorption de l’énergie.
Il ne faut pas envier l’or du riche ni la science du savant qui donnent rarement le bonheur. Le bien le plus précieux est l’influence personnelle qui, lorsqu’elle est employée avec amour et désintéressement, assure toujours le bien-être et prépare la santé physique et morale.
Il ne faut pas être arrogant ni orgueilleux, mais conserver la noble et modeste fierté que donne le sentiment de sa force réelle; il faut surtout être