‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 114 sur 232 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

battus par le roi de Pologne Jean Sobieski^ les Turcs perdent successivement toutes les places fortes de la Hongrie : Esziergom le 21 octobre 1683, Êrsek-Vjvàr le 19 août 1685.

Alors dans Tespoir de faciliter la conclusion de la paix, Tlioekoelyi fut arrêté par le pacha de Témesvàr sur l'ordre du grand vizir Ibrahim le Satan. Cette trahison inutile chassa tous les mécontents dans le camp des impériaux. On les voit combattre sous les ordres de Charles de Lorraine au premier rang à la reprise de Bude (le â septembre 1686) où la résistance héroïque {fAbdurrahman pacha clôt glorieusement Tépoque funeste de Toccupation turque de la Hongrie.

Il n'y eut qullona Zrinyi^ devenue la femme de Thoekoelyi en 1682, qui n'abandonna pas la cause des mécontents. S'étant enfermée dans la place forte de Munkàcs^ elle y subit un siège de trois ans et ne se rendit au général impérial Caraffa que faute de vivres et de munitions (le 14 janvier 1688).

Mais déjà la diète de Pozsony ^ pendant la durée de laquelle eut lieu le couronnement de Joseph /'% fils de Leopold P' par Farchevéque Georges Széchenyi {le 9 décembre 1687), avait promulgué la loi concédant à la maison des Habsbourg le droit de régner en Hongrie par droit héréditaire, en souvenir des services qu'elle a rendus en «ayant chassé les Turcs du cœur du pays i> . La noblesse magyare y renonça également à cette fameuse clause de la BulIe-d'Or qui lui permit de résister les armes a la main h toutes les tentatives illégales du gouvernement.

Quant à la Transylvanie^ elle n'assista pas en spectatrice inaclive à tous ces grands événements. Redevable au sultan de son élection, Apafi se vit obligé de prendre part aux expéditions des armées turques. Cette humiliation devint d'autant plus insupportable pour la partie la plus éclairée de la population que l'on sentait parfaitement la rapidité avec laquelle la puissance ottomane s'approchait de son déclin . Ce fut Michel Telehi de Szék, le génial chancelier à'Apafi qui servit de clef pour ouvrir à Léoppld la Transylvanie. Semblable au Frère Georges^ il soutenait d'abord les éléments anti-autrichiens de la Hongrie et se comportait à l'égard de Thoekoelyi comme un

protecteur enthousiaste ; mais depuis 1682 il travaillait en fer- ' vent apôtre de la réconciliation avec les Habsbourg , de la soumission a la royauté hongroise. Il eut à combattre un parti composé de mécontents qui avait Paul Béldi pour chef, mais dont les intentions étaient trop complexes pour réussir. 4yant exilé les principaux des conjurés, Telekî pressa fiévreusement l'achèvement de son plan patriotique : délivrer la Transylvanie du patronage turc et la rattacher à la couronne hongroise, tout en sauvegardant le trône d'Apafî et les franchises du protestantisme (le 19 mai 1688).

Après la mort d'Apafi (1690), son fils Michel II se put considérer encore comme prince indépendant; mais, ayant fait un sot mariage, on l'obligea à abdiquer (1694). Entre temps, les Turcs firent une dernière incursion pour conquérir la Ti-ansylvanie en faveur de Thoekodyi à qui le sultan la donna en guise de dommages-intérêts après son emprisonnement malencontreux. Ayant franchi le col de Tôrcsvàr par des sentiers dont on ne s'était jamais servi avant lui, son armée composée de Turcs, de Tariares et de Kourouiz^ surprit celle de Mic/telTeleki, à laquelle venaient se joindre les troupes de général impérial Heisler. La bataille de Zernyesi (le 21 août 1690) eut une issue fatale pour les Transylvaniens : Teleki mourut transpercé de coups de lance et Jleisler fut pris vivant. Elle ouvritlepays à Thoekoelyi^ que la diète provoquée à Keresztény-Szigeiy près Szeben y é\v\\. prince indépendant le 22 septembre suivant. Mais en octobre il fut obligé de se retirer en Valachie et son aventure ne lui profita qu'au point de vue sentimental. En échange de ses prisonniers importants on lui rendit sa femme avec laquelle il se rencontra après sept ans de séparation forcée à Uj-Palanka le 13 mai 1692. Depuis ils vécurent exilés dans la plus étroite union pour s'éteindre en Asie Mineure à Jsmid, l'ancienne iXicomedicy à un endroit appelé « Prairie de fleurs » où Ilona Zrinyi mourut en 1703 et Thoekoelyi en 1705. La première repose dans lu petite chapelle des Jésuites a Galaia\ le testament du second demande a à être ramené en Hongrie, dans l'église d'une ville luthériennee et à y être désigné par un drapeau et une épitaphe. »

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