LK PROTESTANTISMK KT LE BOUMANISME AU XVII* SIÈCLE
Il est incontestable que les victoires de Michel le Brave et de Hadu Serhan remportées sur André et Gabriel Bàihory^ sur Moïse de Székely^ ne pouvaient avoir lieu sans éveiller à un certain degré la conscience et les aspirations nationales chez les Roumains de la Transylvanie en général et surtout chez son clergé en particulier. On ne doit pas oublier non plus que c'est encore de Tépoque de Michel le Brave que Ton possède en Valachie elle-même les premiers documents rédigés en roumain. Il en existe un datant de 1583 ou 1585 et provenant de Théodoru^ logofette de Vladesc, C'est en roumain que le vayvode Michel en confirme un autre dont le texte est en slavon. Mais le premier document original et entièrement roumain provient de Siméon Movila et date de 1 60 1 . Il en fait écrire quatre autres en 1604 (1). Résultats qu'il faut attribuer incontestablement à rinfluence des tentatives littéraires roumaines dont le protestantisme a pris l'initiative au milieu du xvi" siècle en Transylxmnie.
Si ce mouvement littéraire national ne se propage pas aussi rapidement qu'alors les protestants, et plus tard les historiens roumains l'eussent désiré, — il ne faut s'en prendre qu'aux conditions déplorables dans lesquelles vivait le clergé roumain aussi bien dans les deux vayvodies qu'en Transylvanie, Dans son « Histoire des Bulgares » . Jirecek affirme que « ni l'état militaire ni le sacerdoce n'ont affranchi le serf; s'il a été consacré prêtre, il est resté la propriété de son maître en cas où celui-ci a bien voulu se charger de son entretien. Il n'y avait que Télévation à la dignité d'évéque qui impliquait l'affranchissement complet. Nous rencontrons en Bulgarie sur les terres des monastères de Virpins, d'Orechavo et de Ryl plusieurs popes en état de servage (2) » .
(1) Hasdel% Cuvinte dinbêtrani^ I, p. 104 à 137.
(2) Jirecek, Geschichte der Bulgaren^ p. 402 et 403.