‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 141 sur 232 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Sans tenir compte de ces incartades, la cour de Vienne ne retira cependant pas tout de suite sa bienveillance au foug^ueux apôtre du daco-rounianisme. Il obtint même la qualité de a regaliste » ,en étant invité par le roi à prendre part à la diète de 173<4 comme son collègue Tévéque catholique. En 1 736, on accorda la noblesse à ses frères Opi^e et Michel. Seulement, son invitation souleva la protestation des États et la publication des lettres patentes conférant la noblesse à ses deux frères, provoqua un tel mécontentement, — on disait tout haut qu'ils ne les avaient obtenues qu'à cause de leur conversion, — qu'on n'en prit acte que Tannée suivante et sous certaines conditions seulement. Quant à ses tentatives ayant pour but l'amélioration de la position du clergé roumain, elles échouèrent, parce que les États prétendirent que ce dernier n'était pas digne de leur protection, étant très immoral et très porté à exploiter ses fidèles. Mais Klein ne voulut pas s'avouer vaincu. A la diète de 1737, au moment où l'on discuta la répartition d'un im* pot extraordinaire, destiné à couvrir les frais de la guerre, il essaya de démontrer que d'après le diplôme de l'union, il fallait considérer le clergé uni comme anobli, exempté de toutes charges et contributions. Et pour son malheur il fut soutenu par le baron Sorgei\, l'évéque catholique avec l'argumentation anticonstitutionnelle que Klein ne pouvait pas accepter l'augmentation des charges de son clergé sans le consentement du pape. Alors les protestants et les Saxons se crurent en droit de ne plus user de ménagements envers le turbulent évèque et nommèrent une commission à qui il incombait de recueillir des données authentiques et contrôlées au sujet des réclamations et du clergé de Klein, Effrayée du résultat de ses investigations, la commission ne fit publier son rapport que pendant la diète de 1738 comme une réponse aux dénonciations que Klein avait adressées à Vienne entre temps contre les États.

Dans ce rapport, il est démontré que l'union n'existe pas réellement. En ce qui concerne la modicité des revenus du clergé de Klein, on lui pose la question : Comment se fait-il cependant, que son nombre s'accroît journellement? Or la majorité de ce clergé est ignorant et indigne de porter la sou-r*

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tane. Ils n'ont fait aucunes études et le nombre de ceux qui ont passé des examens devant Tévêque et le théologien est infime. Jl suffit qu'on ait une barbe bien fournie et longue pour être trouvé apte au sacerdoce. Leurs mœurs sont déplorables. A SiH) Pauik, près de Torda^ on a trouvé dans la sacristie une vache volée. Ils sont adultères, contrebandiers, faux-monnayeurs, et placent les commandements de leur « pravilla» au-dessus des lois régissant TÉtat. Si TévèqUe invoque le témoignage A' Abraham^ il ne faut pas oublier qu'il a vécu il y a 3072 ans et que maintenant on ne se conforme plusàTAncien Testament mais au Nouveau. II a tort aussi d'en appeler aux décrets de saint Etienne^ car de son temps il n'y avait pas de Roumains en Transylvanie. Et les lois qu'on y a faites du temps de son indépendance, ne leur accordent pas les mêmes droits qu'aux autres nations.

Devant une argumentation aussi écrasante, Klein se vit forcé de cesser ses provocations. Aussi dans sa requête du 2 février se servit-il d'un ton tout à fait conciliant. Alors les États élaborèrent un règlement pour mettre de Tordre dans la situation jusque-là vaguement définie du clergé uni. Elle est devenue semblable à celle des pasteurs protestants sicules. Il est cependant très curieux de constater que les sommes à payer au prêtre y sont fixées pour chaque cérémonie probablement à cause des abus qui se sont produits à cet égard-là et dont les Roumains n'avaient jamais cessé de se plaindre. Comme dans toutes les occasions, les États imposèrent à l'évêque, en même temps, l'établissement de plusieurs écoles, confiées à des théologiens en nombre suffisant. Que le prêtre ne vive que pour son sacerdoce et qu'il n'ait pas d'autres occupations. Que Ton ne procède pas à l'ordination d'un serf sans le consentement du seigneur et sans le payement des taxes, fût-il le fils d'un pope. Ce dernier sera imposable s'il possède des terres de labeur. Au point de vue religieux, il appartiendra à la juridiction de l'évêque, tandis qu'au criminel et au civil il sera jugé par les juges laïques.

Au Heu de se contenter de ce projet, améliorant incontestablement la situation du clergé uni et susceptible certainement

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