LA RENAISSANCE DE LA HONGRIE
Ce ne fut qu'un court repos de vingt-neuf ans que la /fon^r/e s'accorda au sortir de ses luttes séculaires avec les Turcs, au lendemain de la conclusion du traité de paix de Szathmàv, L'avènement au trône de Marie-Thérèse (1740) la trouva déjà assez réconfortée pour pouvoir tirer son épée en faveur de son roi menacé et pendant la « Guerre de sept ans » elle fournit aux armées impériales des hommes et des subsides sans interruption et avec régularité. Preuve irrécusable de sa vitalité physique extraordinaire, mais qui toute seule n'eût pas suffit à conserver l'existence nationale de la race magyare. Il fallait que son génie se manifestât non seulement sur le terrain des questions sociales et de l'économie politique mais aussi sur celui de la littérature et des sciences. Car fertile au possible dans ses plaines, d'une richesse minérale variée et inépuisables au sein de ses montagnes, le pays retardait d'au moins deux siècles sur le restant du monde civilisé par suite de la rareté de sa population et de l'absence de toute industrie disparue en pairtie ou totalement pendant la domination des Turcs, Si son antique constitution était toujours en vigueur, elle ne pouvait pas servir le progrès, tant à cause de son caractère essentiellement nobiliaire et de son fonctionnement lent et compliqué qu'à cause de la manière dont la cour de Vienne comprenait son application. Les Diètes n'eurent que le temps de voter le nombre de recrues exigé par le gouvernement avec les fonds nécessaires pour leur entretien, et elles avaient déjà leurs ordres du jour épuisés. Vers la fin du règne de Marie- Thérèse et sous Joseph II on ne les convoqua même pas. Aussi celle de 1790, réunie à l'occasion du couronnement de £eopold II eut-elle une attitude tellement hostile — l'un des moins grands départements ne voulut pas admettre le couronnement