‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 203 sur 232 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

pour dissoudre cette assemblée illégalement convoquée, le baron Vay se sentit impuissant en face d'un déploiement de forces pareilles, les troupes envoyées par le commandant en chef n'étant ni assez nombreuses ni assez sûres. Alors, se déclarant rassuré par la promesse des chefs de n'entreprendre rien de criminel, il repartit à Kolozsvâr, C'était enhardir les plus turbulents et céder la place aux Barmuiu^ Lauriano et Papiu, qui venaient de Szeben escortés par un lieutenant et ses hommes du premier régiment roumain pour faire adopter leur programme préparé d'avance (le 25 septembre) .

Avant tout, ils se déclarèrent contre la constitution hongroise et pour celle octroyée à VAuiriche le 25 avril, que l'on introduirait également en Ti-ansylvanie, Et comme les officiers du détachement militaire chargés du maintien de l'ordre étaient justement des Roumains aussi^ et qu'ils prirent part bénévolement aux délibérations, on s'occupa ensuite de l'organisation des forces roumaines du pays. Elles devaient comprendre quinze légions conduites par des prefeki, remplacés à Foccasionpar des sub-prefekt. On préposerait les tHbuns ou les vice tribuns aux bataillons; ils se composeraient de dix centuries, ayant chacune cent hommes, et commandées par des centurions. En enrôlant tous les Roumains valides de dixsept à cinquante ans on obtiendra de cette façon 180,000 hommes, auxquels il faudrait ajouter encore à peu près 1,000 cavaliers par légion, en tout 195,000 hommes.

Deux déclarations devaient expliquer à la Transylvanie les décisions prises par cette deuxième assemblée de Balàzsfalva : dans la première portant la signature : Populus lomanus^ on s'en tint aux généralités, tandis que dans la seconde signée par r Assemblée de Balàzsfalva^ on annonça la formation de l'armée nationale roumaine, conformément à la permission reçue de Ferdinand^ ainsi que la reconstitution du « Comité national roumain »^ mais n'ayant cette fois-ci que six membres.

Le 24 septembre, on vit paraître inopinément le général Schurter^ que les Roumains connaissaient depuis la première

assemblée et qui avait apparemment une mission officieuse. Ayant acquis la conviction que les Roumains étaient d*accord, il leur proposa d'envoyer à Szeben une délégation composée de vingt«deux membres pour remettre au baron Puchner le procès-verbal de rassemblée traduit en allemand [l]. Il devait être présenté à Ferdinand sous forme de pétition et contenait les conclusions suivantes.

l' L'assemblée ne reconnaît à aucun prix Tunionde la Transylvanie avec la Hongrie contre laquelle les Roumains ont déjà préalablement protesté et dans la discussion de laquelle ils n'ont pas pris part à la Diète.

2' Elle ne reconnaît pas non plus le ministère hongrois, car il n'a été imposé qu'à la suite de l'union.

3* Elle déclare qu'elle ne veut dépendre que de Sa Majesté l'Empereur directement et du ministère impérial et qu'elle ne veut recevoir les ordres de Sa Majesté Impériale que par l'entremise du commandant en chef des forces militaires.

4** Elle demande à Sa Majesté Impériale qu'Elle lui accorde la convocation d'une assemblée nationale et populaire générale afin d'y pouvoir discuter les intérêts du peuple roumain; elle lui demande également de ratifier la nomination des membres <c du Comité national roumain » , élus par l'assemblée précé- <lente et poursuivis de la manière la plus inhumaine par le ministère hongrois.

^"^ Elle demande la convocation, le plus promptement possible, d'une Diète transylvanienne dont les membres seraient les élus des trois nations en proportion du nombre de la population des trois nations et à laquelle il incomberait de décider du sort futur du pays.

6° Elle désire participer aux bienfaits de la constitution impériale autrichienne et demande qu'elle soit introduite en l'ransylvanie.

V Elle demande un gouvernement provisoire pour la Transylvanie. Pour former ce gouvernement ou prendrait ses membres dans les trois nations magyares, saxonnes et roumaines en

(1) Baritiu : Istoria transilvaniei. Vol. II, p. 5W6.

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