CHAPITRE PREMIER
sons LES ROIS DE LA MAISON d'aRPAD
Si Ton écoutait les historiens roumains au sujet des relations de leurs ancêtres avec les Magyars au onzième et au douzième siècle, il faudrait arriver à la conviction qu'elles étaient absolument nulles, vu que, d'après leur dire, il n'y avait pas de Magyars en Transylvanie avant 1291.
a Le territoire de la Transylvanie fut très dépeuplé par suite de longues et sanglantes guerres avec les Cumans ; c'est pourquoi il ne figure dans les document jamais autrement que : o terra vastea et inhabitata — dit Joan Slavici (1). Pour le repeupler, les rois de Hongrie y amènent des colons de diverses nationalités. Les premiers sont fournis par les Patzinakites, que l'on place au long des montagnes (1122 à 1125). Après ceux-ci arrive un groupe considérable de Cumans qui se fixe dans la vallée du Tibissus (Tisza), sur la rive droite du fleuve. C'est enfin le roi Geiza II (1141 à 1161) qui commence à faire venir des colons de rAllemagne. Leur immigration dure sans interruption pendant cent ans... En Transylvanie on les appelle des Hospites et plus tard des Saxons. On les installe le long de la route que les Cumans ont l'habitude de suivre.
(1) JoAX Slavici, ArdealuL Studiu istoric. Bucuresci^ 1893.
En 1 2 11 , le roi André II fait don du Bartzasàg à TOrdre teutonique. S'ils sont éloignés par André II, les Saxons ne restent pas moins sur leurs territoires mêmes après Tincursion des Mongols. »
<( Les Sicules — selon toute probabilité une branche détachée au IX"* siècle du tronc magyar — campaient jusqu'à rincursion des Mongols dans les environs des sources du Maros et de rOlt; ils ne s'établissent dans la vallée du Maros qu'après cette incursion néfaste. Ce fut au même moment — en 1279 — que Ladislas le Guman fit don aux Cumans — arrivés du temps de Bêla IV — des terrains dépendant des places fortes de la couronne et situés entre le Tisza, le Roeroes et le Maros, ainsi que des propriétés ayant appartenu à des nobles ou à des hommes liges et qui, depuis l'incursion des Mongols, n'avaient plus de possesseurs. »
« Et ici nous avons le droit de demander maintenant quelle a été la nationalité des individus, qui habitaient sur ces porpriétés offertes en cadeaux aux Saxons, aux Sicules et aux Cumans. C'étaient les descendant des Romains comme les Basques le sont dans les Pyrénées; ils vivaient retirés aux sources des fleuves, dans les vallées perdues, sur les sommets des glaciers et partout, en un mot, où c'est en masse compacte que demeurent aujourd'hui les Roumanis. »
M 11 n'y a pas encore des Magyars en Transylvanie à ce moment. En 1246, trois ans après le départ des Mongols^ Bêla IV exempte chaque Magyar de la juridiction du vayvode s'il s'établit sur les propriétés de l'évêché de Gyulafehérvàr, car ce diocèse était tellement dégarni de population qu'il y en avait à peine au siège même de l'évêque. Nous pouvons demander maintenant qui étaient ces hommes tombés dans les combats et à quelle nationalité appartenaient les colons qui leur ont succédé. Dans son édit sus mentionné, le roi nomme encore les endroits suivants : dans le département de Doboka, les communes de Herina et de Byolocol; dans celui de Kolozs celle de Golou (Gyalu), et dans celui de Szolnok, celles de Tasnàd et de Zilah. La population des département dont parle Bêla IV, est aujourd'hui roumaine, tandis que celle des endroits