LIVRE DEUXIEME
cités est magyare. Il faut en conclure que l'ancienne population ne pouvait pas être la population magyare des villes, mais la population roumaine des vallées inconnues ! »
u Nous ne savons pas quelle a été la situation ethnique de la Transylvanie en 1002, au moment où on a déposé le vayvode Gyula. Il est cependant indubitable qu'il n'y avait pas de Saxons avant 11 43 et que les Sicules ne quittèrent les voisinages des sources de TOlt et du Maros qu'après l'incursion des Mongols et que l'on ne trouve pas de Magyars en Transylvanie avant 1 29 1 . Ce fut dans le courant de cette année qu'André III , le dernier rejeton des Arpàd, convoqua une diète à Gyulafehérvàr, mais il n'y fit venir que les nobles sicules, saxons et roumains (nos universis nobilibus Saxonibus, Siculis et Olacbis in partibus Transsylvanis apud Albam-Juliam pro retormatione status eorumdem congregationem cum iisdem fecissemus). Donc ne pas » in Transsylvania » , mais seulement «in partibus Transsylvanis » , dit le roi André III. Lés Sicules depuis qu'ils sont pour la première fois apparus dans l'bistoire, n'ont jamais été soumis au vayvode, mais seulement à l'Ispàn des Sicules qui était tout autant un vassal du roi que le vayvode. Les Saxons ne dépendent pas non plus de ce dernier, mais du Gomes des Saxons, également un vassal du roi. Et les Roumains avaient aussi leur Ban, un vassal du roi également, demeurant à Fogaras, en face du col de Voeroestorony. Les Roumains installés en colons militaires sur les terres dépendant des places fortes de la couronne étaient au même titre des exempu (des privilégiés) que l'étaient ceux établis sur les propriétés de l'évèque, qui ne dépendaient que de leurs chefs, appelés des Kénez. On apprend des documents se rapportant aux privilèges, que la juridiction des vayvodes transylvaniens ne s'étendait que sur le bassin occidental du Maros et au delà de la ligne occidentale seulement sur les départements de Szolnok, Kraszna, Bihar et Zarànd. Dans la vallée du Sebes- Koeroes, il y avait un vayvode aussi ayant pour siège Belényes. Un autre se trouvait dans la vallée du Febér-Koeroes ayant pour siège Hodos. Au delà du Maros, vers le Midi, il y avait des Kéneziats aussi, notamment à Lippa, à Facset, à
Lugos et à Karan-Sebes. Toutes ces contrées réunies constituaient les « partes Transsylvaniae , » où le roi de Hongrie avait une foule de vassaux et dont la noblesse tenait ses diètes à Gyulafehérvàr , tandis que ce fut à Alba-Regia (Székes-Fehèrvàr) que les nobles magyars se rendirent pour prendre part a la diète de Hongrie. Les nobles qui s^assemblaient à Gyulafehérvàr n'étaient donc pas des Magyars. »
...ce Bien qu'il eût accepté sous beaucoyp de rapports les institutions des peuples de l'Occident, données par Gharle* magne, saint Etienne s'est vu forcé de compter avec les usages de ses peuples et surtout avec ceux des Magyars. C'est à cause de cela que nous le voyons constituer l'armée du royaume de deux éléments. Les Magyars forment une armée nationale comme auparavant; mais le roi ne peut s'en servir que conditionnellement. Les nobles magyars, qui la composaient, n'étaient tenus d'aller en guerre en dehors des fontières du pays que si la chose leur convenait et s'ils étaient payés par le roi. A côté de cette armée, il y en avait aussi une autre également royale, mais formée de mercenaires et de colons privilégiés, tels que les Saxons, les Allemands du Szepesség (Zipsen), les Patzinakites et les Cumans, ainsi que tous ceux qui reçurent des donations royales en échange desquelles ils furent obligés de rendre des service équivalents dans l'armée royale. A tous points, leurs ressemblants étaient ces colons militaires aussi, que l'on appelait des « dvornik « ou des serfs royaux, établis autour des places fortes de la couronne, qui se trouvaient sur le chemin des Cumans et des Tartares, Ils étaient tous, par rapport aux nobles magyars, des hommes libres, cependant ils ne possédaient pas la noblesse hongroise et conséqùemmentils n'allaient pas aux diètes que les rois tenaient en Hongrie, ordinairement à Szèkes-Febérvàr (Alba-Regia) . »
« L'indépendance des Saxons de la Transylvanie par rapport aux nobles magyars est incontestable. Les Sicules, les dvornik établis autour des places fortes et les serfs du roi jouissaient d'une indépendance analogue. Comment pourrait-on prouver dans ces condition là, que les Roumains, soumis à la juridiction duvayvode fussent les seuls qui soient libres» quand