LIVRE DEUXIÈME
Dans le diplôme Andreanum datant de 1221 on lit au IX' paragraphe « qu'il donne aux Saxons, en dehors des choses susnommées la forêt des Blaccs et des Patzinakites avec ses eaux, afin qu'ils en usent avec ceux-ci, c'est-à-dire avec les Blaccs et les Patzinakites et que, jouissant de la susdite liberté, ils ne soient tenus à aucune servitude à cet égard d . Il faut mentionner troisièmement le document déjà cité dans lequel on parle de la terre de Boje proche voisine de Szombathely comme d'une terre depuis longtemps habitée par les Roumains. C'est de cette manière-là que l'on constate la présence de ces derniers dans le département de Fogaras.
La principale vocation des Dominicains magyars était la propagation du christianisme parmi les nations païennes de l'Orient appartenant à la même race que la leur. Les prédications du Père Paul Magyar et de ses quelques compagnons religieux obtenaient un tel succès parmi les Cumans que non seulement un de leurs princes nommé Membrok ou Boris s'est fait baptiser, mais il a même envoyé son fils avec douze Cminaii5 de haut rang près de l'archevêque d'JEs^/er^om (Strigonie) afin de lui demander de venir en Transylvanie pour y procéder au baptême des Cumans. L'archevêque Robert^ cédant à ses sollicitations, y alla incontinent et après y avoir baptisé 15,000 Cumans à la fois, il y fonda un évêché cuman . Il parait que ce titre « d'évêché cuman » ne plaisait pas beaucoup aux Stcules, qui habitaient avec les Cumans, si l'on prête croyance à la lettre de l'évêque Théodoric adressée aux Sicules : « Il peut y avoir dans l'église à côté des agneaux des loups; pourquoi les Sicules ne pourraient-ils pas rester ensemble avec les Cumans et les Vlacbsî »
Le roi Bêla /F signe en 1263 un décret dans lequel il résume tous les droits de l'archevêque à'Esztergom. On y lit entre autres le passage suivant : « Il (c'est-à-dire l'archevêque) prend également le dixième des moutons et des bœufs, que le roi fait prélever chez les Vlachs et les Sicules. ^ Cet impôt de bétail payé au roi par les Roumains est indiqué dans le même document sous le nom de a quinquagesima » vulgairement « cinquantième « , représentant une tête de bétail par chaque troupeau
compose de cinquante bétes. Cette clef de leur impôt est tout à fait semblable à celle que les Vlachs ont eue en Serbie ainsi que dans toute la péninsule balcanique diaprés le^ « Menumenta » serbes publiés par Miklosich.
Il se fait devant le chapitre de Nagy-Vàrad une réconciliation d'une part entre Ivan, le vayvode de Bulenus^ et ses parents : Boch et Balky et, d'autre part, entre Nicolas^ le fils de Kend et ses parents : Jean^ Henning^ Biaise y Lasdislas, Tulamér et Stosyan de Zalatna-bànya, après avoir été des ennemis à cause de l'assassinat de Bikach et de Roman, Cette commune de Bulenus n'est autre que le Belènyes actuel, situé dans le département actuel de Bihar. Se basant sur ce document, les historiens roumains constatent à Belènyes Texistence d'une vayvodie roumaine autonome sous les Arpâds, D'après leurs noms, les gens de Zalatna^ dont se compose l'un des deux partis dans le procès, sont probablement Ae% Allemands ; c{\ïdXLi à savoir si la nationalité du parti adverse, — du vayvode Ivan et de ses parents Boch et Balk — est roumaine ou slave, le document ne l'explique pas. Mais, en admettant qu'ils soient des Roumains^ cela ne prouverait que leur présence à cet endroit et à une époque où on ne pourrait y rien trouver d'extraordinaire d'après ce qui a été dit plus haut. Seulement, il est certain que le pouvoir autonome de ce vayvode ne pouvait pas être bien considérable, puisque^ pour faire un procès ou une réconciliation, il s'adresse, comme un simple mortel, au chapitre de Nagy-Vnrad.
Pour terminer, qu'il soit permis de citer le document d'ylndré Illy datant de 1293 où on lit le passage suivant : « Poussé par les nécessités que le pouvoir Nous impose. Nous avons décidé avec le consentement de Nos barons, que tout Valaque, quelle que soit la propriété où il se trouve, retourne sur Nos propriétés et s'il ne veut pas y retourner volontairement qu'il puisse y être ramené de force. Mais comme Notre oncle, le feu roi Ladislas a permis au chapitre de Gyulafehérvér d'établir 60 familles valaques sur ses propriétés de Fyled et d'Énusd et comme ces Valaques ne devaient payer aucun impôt royal tel que quinquagesima ou dîme — respectant et approuvant
cette donation du roi Ladislas, Nous la confirmons de Notre part aussi et Nous enjoignons à Nos receveurs de ne percevoir ni quinquagesima, ni dîme ni autre gabelle de ces Valaques du chapitre, au nombre de 60 familles. »
Donc les Roumains de la Transylvanie étaient à ce momentlà des serfs au service du roi. Ayant commencé à se répandre sur les propriétés des particuliers, le roi se considérait comme étant lésé dans ses intérêts par leurs migrations et il les a forcés à réintégrer ses domaines. Il y a de là aux assertions orgueil* leuses des historiens roumains bien loin; devant l'évidence, il leur faut renoncer au prétendu chef national, désigné d'ailleurs par le nom slave de Ban, à la participation des Roumains aux diètes de Gyulafehérvàr^ et surtout à l'interprétation fantaisiste avec laquelle on a rendu dans la traduction la fameuse phrase : a Cum universis nobilibus, Saxonibus, SicuHs et Blachis pro reformatione status eorundem congregationem cum iis fecissemus. » Sinkaï Tinterprète de cette manière : « Nous avons tenu une assemblée avec tous les nobles, les Saxons, lesSicules et les Roumains pour la réorganisation de leur situation» pendant que Slavici, comme s'il ne connaissait pas le latin, ne craint pas de l'exprimer ainsi : « avec tous les nobles saxons, sicules et roumains, n
On se cramponne également aux paroles : u pro reformatione status eorundem » , pour démontrer que l'assemblée de Gyulafehérvàr était une assemblée législative. Or la teneur du document se rapportant à la restitution des biens de maître Ugrin, explique clairement qu'il s agit là simplement d'une assemblée devant être consacrée au règlement des affaires litigieuses, que l'on a l'habitude de tenir de temps en temps sous la présidence du roi, du palatin ou de son représentant, et que les Roumains n'y figurent que comme témoins I