‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 43 sur 232 · LIVRE DEUXIÈME 8T · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME 8T

fournées : la première était la colonie de Besztercze, qui date probablement de l'époque qui précède Tavènement de Geza II \ la seconde celle de la contrée de Szeben, c'est-à-dire la véritable colonie saxonne du temps du roi Gëza 11^ et la troisième celle du Barczasâg, installée par \ Ordre teutonique . La fusion des Saxons transylvaniens en un seul peuple s'effectue cent ans après le commencement de la cplonisation sur la base du diplôme Andreanum, se rapportant aux Saxons de la seule contrée de Szeben. L'entrée de ceux de Besztercze et du Barczasâg dans l'union des Saxons n'a lieu que bien plus tard.

Ainsi se formèrent les territoires des Magyars ^ des Sicules et des Saxons^ dans les parties transylvaniennes, chacun avec une autonomie séparée, sans qu'ils aient ensemble la moindre organisation commune à tous. C'était du roi qu'ils dépendaient directement et n'étaient soumis au vayvode de la Transylvanie qu'au point de vue militaire; il lui était interdit d'exercer la moindre juridiction politique ou civile sur aucun d'eux, excepté s'il était en même temp5 ispàn des Sicules aussi, alors il en exerçait, mais dans cette qualité particulière et sur ces derniers seulement.

Rien ne prouve mieux Texistence des liens intimes qui attachaient la Transylvanie à la Hongrie que la présence aux diètes hongroises non seulement des seuls nobles magyars fixés en Transylvanie y mais des représentants des Sicules et des Saxons aussi. Le comte Joseph Kemény et Charles Schuller ont démontré, appuyés sur des documents, que les »Sa.ro«s avaient quatre représentants à la diète de Hongrie et que la noblesse sicule y était convoquée au même titre que la noblesse magyare (1). Dans les diètes de la Transylvanie^ où présidaient tantôt le roi et tantôt le vayvode, on a pu, il est vrai, décréter des statuts, mais ces statuts ne pouvaient pas être en contradiction avec ceux décrétés dans la mère-patrie. (2) La convocation de ces diètes spéciales ne devait avoir lieu que dans le cas où il s'agissait soit de la défense de la Transylvanie contre un

(1) Arpadia, Tort. zsebkOnyv. Rédigé par Kovasôczy, vol, III, p. 82. Schdller K. , Umrisse und Kritische StudieHj 1894, p. 33 à 38. (î) Wkbbôczy Decr. Trip. P. III

as MAGYARS ET ROUMAINS DEVANT L'HISTOIRE

ennemi extérieur, soit de la création de lois locales bu intimes ou enfin des subsides en hommes et en argent à accorder au roi. En dehors décela, il y a des assemblées tenues séparément par chaque nation pour s'occuper des affaires la concernant. Celles des Magyars ont lieu à Torda, celles des Sicules à Ddvarhely et celles des Saxons à Szeben. C'est ainsi que se forme peu à ])cu ce droit public spécial de la Transylvanie^ qui est certes diliV^rent de celui de la Hongrie au sujet de tout ce qui touche au gouvernement local mais qui n'est pas en contradiction avec lui non plus. En tout cas, il est impossible d'en tirer la conclusion que la noblesse magyare ait été traitée en étrangère dans la Transylvanie, Et cela d'autant moins que, du temps des Arpâds^ il y avait des nobles non seulement parmi les Magyars, mais aussi parmi les Saxons. Le diplôme Andreanum fait mention de certains prœdia; Schloezer affirme qu'ils composaient les domaines de quelques Saxons grands propriétaires, à qui il était permis d'avoir des serfs. D'après Bénigni (1), c'étaient des propriétaires nobles saxons, car, comme le prouve le décret d'André III datant de 1291, il y avait jadis des nobles parmi les Saxons : « Saxones transsylvani Prsedia tenentes et more nobilium se gerentes. »

11 reste à savoir maintenant dans quelle situation on rencontre, au contraire, les Roumains en Transylvanie à V époque où les conditions politiques et ethniques revêtent des fbrmes plus accusées.

Dans un document de Tan 1223, André II reprend à l'archiprêtre de Szeben le Kis-Disznôd actuel, en lui donnant en échange la terre de Brodnik. Quant à Kis-Disznod^ il le donne à un ecclésiastique nommé Gocelin, qui le cède à son tour au monastère de VOrdre de Ciieaux, sis à Kercz, C'est pour accorder son consentement au sujet de cette cession que le roi signe ce document; mais il confirme en même temps une donation qu'il avait faite lui-même audit monastère de Kei-cz en en ayant d'abord éloigné les Roumains (quam prius eisdeni contuleramus exemptam de Blacchis).

\\) HuNFALVY, Az oldhoh iorténete^ vol. I, p. 328.

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