LIVRE DEUXIÈME
de Szorény, la charge de boyard dans Also et Felsô>»Viszi\ ainsi que dans Also-Arpa^ avec tous les bénéfices y attenants et avec les douze tentes de Tsiganes en dépendant. Et qu'ils jouirent effectivement de cette boérie jusqu'au jour indiqué, mais que leur lettre de donation leur fut ravie par les Turcs lors d'une de leurs incursions faites du temps du vayvode Pierre Gerès de Vingard. Par égard à leur dévouement, Tomori les confirme dans leurs boéries, dans la possession de leurs propriétés et de leurs Tsiganes^ grâce au pouvoir dont il est investi par le seigneur Jean deBornemisza,
Il appert de ce document que les vayvodes de Valachie, pendant le temps qu'ils eurent le château de Fogaras dans leur possession, distribuèrent des boéries, reconnues ou au besoin confirmées valables par les rois de Hongrie ou par leurs représentants même, à un moment où ce château n*était pas la possession des vayvodes ; pouvoir distribuer des boéries sur le territoire de l'État hongrois dans une propriété conférée par donation royale n'était pas un fait unique ; Théodore Koriatovic et ses successeurs agirent ainsi à Munkacs.
Que ces boyards ne différaient en rien des kénez installés sur les autres propriétés dépendant des châteaux royaux, les règlements que le commandant Tomori édicta en 1508 avec le consentement de tous les boyards et kénez, et qui furent ratifiés dans la même année par le possesseur du château Jean de Bornemisza, le démontrent clairement. Il y est dit, au cinquième paragraphe, que si jusque-là les héritiers d'un boyard trépassé étaient obligés de donner au commandant un cheval sellé avec une lance, même s'il n'avait pas de cheval, dons ce cas-là dorénavant ils ne payeront en tout que trois florins. Les dispositions du sixième paragraphe se rapportent au partage de la fortune mobilière et immobilière d'un boyard mort sans héritier et n'ayant eu qu'une fille. Elles accordent toutes une part considérable au seigneur du château. Et si quelqu'un voulait faire hériter sa ou ses filles de ses immeubles aussi, puisque, d'après les lois des Roumains, la propriété foncière ne regardait pas le sexe féminin (quia in lege Yalachorum hsereditates ~ sexum femineum non concernunt) — il fallait qu'il obtint
du seigneur et des jurés un document légalisé par leurs sceaux (I). On voit que le principe exprimé dans un document de Sigismoud cité plus haut : « car la personnes des Roumains n'est pas séparable du château ainsi que les terrés de labour dont ils ont la jouissance ne le sont pas non plus, quoiqu'ils les cultivent à leur profit « — a été sévèrement conservé, aussi bien à Tcjjard des propriétés boériales de la terre de Fogaras quû Tégai (1 des propriétés kénéziales.
Après avoir constaté que les vayvodes de Moldavie possédaient également des terres en Transylvanie par suite de donations royales, notamment les châteaux de Csicsô et de /Ciêkiillôe, il faut finalement indiquer la vraie raison qui a fait agir les rois de Hongrie en les concédant. La décision prise par le roi Mathias en 1-467 Tapprend clairement, car elle dit que Ton ne devra plus donner à personne ni Fogaras, ni Radna^ ni Omlàs ni les terres qui en dépendent, afin que la couronne puisse à tout moment les céder aux vayvodes de Valachie ou de Moldavie f>Ws étaient forcés d'abandonner leurs trônes souverains et qu'ils puissent y organiser leur retour. D'autre part, Engel publie un traité du vay vode /îarfw/, traité conclu en 1507 avec les Saxons de Transylvanie, dont voici les passages les plus saillants : « Moi Radul, le vayvode des parties de la Valachie^ reconnais que nos ancêtres ont toujours été fidèles à la sainte couronne, aux rois de Hongrie et qu'ils se sont toujours dévoués dans leur service, et que notre pays est un membre du royaume de Hongrie (quod etiam regnum nostrum existât de membro regni Hungariae). Si donc un jour j'étais obligé de me réfugier dans le royaume de notre roi (ad regnum Serenissimi Domini nostri régis) que la ville de Szebeu et les sept sièges saxons nous reçoivent avec notre famille, ainsi que nos boyards avec leur familles et qu'ils nous accordent le séjour et la permission d'aller et venir. (2) » En 1372 le vayvode Laj'ko ou Ladislas appelle le roi de Hongrie son maître naturel
(1) À magyar tôrvc'nyhatàsêtgokjogszabàiYainak gyûjteményej vol, I. Az erdélyi lôrvényhatôsagok jogszabàlyai. Osszegyûjtôtték dr. Kolozsvàry Sàndor es dr, Cvdii Kelemen. Budapest, 1885, p. 169 et passim.
(2) EîïCEL, GeschicfUe der Moldau und Walachei. Halle, 1804, p. 187.