LES HUNYADI
A quel point les kénez roumains, jadis de religion grecque orientale, devenaient des catholiques ardents et des patriotes magyars dévoués, l'histoire de l'illustre famille des Hunyadtle démontre de la manière la plus éclatante. Aussi ne pas lui consacrer un chapitre spécial serait une omission repréhensible non seulement en ce qui concerne le respect et la vénération que Ton doit à sa mémoire, mais en même temps relativement à la vérité historique également, à laquelle elle fournit une preuve des plus convaincantes en faveur de la cause des Magyars si injustement attaqués.
Bonjin raconte dans son ouvrage : « Rerum Hungaricum décades libris LXV comprehensse, ab origine gentis ad annum 1495 >i , que l'empereur Frédéric III ne voulait pas prendre au sérieux l'élection de Mathias Corvin au trône de Hongrie^ car il pensait que les puissants, riches et orgueilleux seigneurs ne voudraient pas y tolérer longtemps la présence d'un jeune homme étranger, né d'un père roumain (adolescentem pèregriha gente, natum e pâtre valacho) . Rempli de reconnaissance envers son glorieux protecteur, Bonfin était très ennuyé par cette appréciation; aussi se donna-t-il la tâche de faire connaître l'antique origine de la famille du roi Math tas et de prouver ainsi que le fils de Hunyadi ne devait craindre personne sous ce rapport et qu'il surpassait, au contraire, tout le monde par la noblesse de sa race.
Jean Hunyadi éiani d'origine roumaine, la vieille aristocratie magyare le considérait comme un parvenu; car s'il occupait les places les plus élevées civiles et militaires dans le gouvernement, ses débuts n'en étaient pas moins obscurs. Or d'après Bonfin^ le corbeau qui se trouve dans les armes des Hunyadi servait de preuve irréfutable pour indiquer qu'ils descendaient