‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 59 sur 232 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

des Corvin. Et ceux-ci nppnrtenaienl a la souche aristocratique des Valérius volusiens, témoins de la fondation de Rome et, qui plus est, témoins issus d'une famille alors antique puisque ses aïeux étaient au nombre de ces Lacédémoniens que les Héraclîdes ont conduits en Italie. 11 en résulte que le roi Maihi'as était donc comme membre de la famille des Corvin, par Tintermédiaire des Héradides et conséquemment d'Hercule^ un rejeton de Jupiter lui-même !

Ce fut au moment de l'invasion des Gaulois que la famille des Valérius reçut le nom de Corvin, à cause d'un corbeau qui s'était posé, pour présager la victoire, sur le casque de Marius Valérius, pendant qu'il se battait contre un chef gaulois. Car l'apparition du corbeau était considérée par les Romains comme un bon présage, et Auguste avait du plaisir h entendre son croassement. « Qui ne connaîtrait d'ailleurs Gorvinus Messala, le protecteur du poète Horace, qui introduisit le premier le nom de Corvin en Pannonie? — s'écrie Bonjin ! Ce fut ce Corvinus Messala Valérius qui fit la conquête de la Pannonie ; ce fut de là que transigèrent ses descendants en Transylvanie, et lu noble race resta ignorée pendant des siècles jusqu'à sa réapparition dans le village de Hunyad. « Des explications aussi merveilleuses ne sont pas rares chez Bonfin au sujet de l'origine de quelques familles oligarchiques magyares non plus. Ne s'avise-t-il pas d'affirmer avec un sang-froid imperturbable que les Bathori descendent de Baihsy roi de Pannonie?

Animés par le même zèle, les continuateurs daco-roumains de Sinkaî et de Pi^re Maîor transformèrent tout Magyar célèbre jusqu'à François Deàk (1), n'exceptant pas même Betlhen et Bocskai^ en autant de Roumains. Mais cette douce manie ne peut pas empêcher les historiens sérieux de convenir de l'exactitude de certaines assertions.

L'origine roumaine de la famille Hunyadi n'est que difficilement admise, même par les auteurs magyars et allemands plus récents et plus objectifs, et cependant c'est un fait patent.

(1) Pendant l'été de 1847 Topposition libérale hongroise se réunissait sous la présidence du comte Louis Batthyany et de François Deak, alitu Pescario, propriétaire macédo-roumain, etc. L. BàRiTio, hloria Transiivaniet, vol^ II, p. 18.

124 MAGYARS ET UOUMAINS DEVANT L'HISTOIKE

Le D"^ Ladislas R.iiliy n'admet que rexisteuce de quelques liens rattachant les Hunyadi un peuple roumain, mais il ajoute que, relativement à son origine, la Famille était plutôt slave méridionale que roumaine (1). C'est le nom Vouk ou Vajh que Ton écrit aussi Vlk, prétend-il, qui le prouve, car c'est un nom serbe très répnndu et qui signiHe ^ loup « . Il dit encore qu'il y a des passajjes même dans les documents de Mathias Coi-vin qui militeraient en Kaveur de sa théorie, u A Regihus vero BulgariiP attavis nostris» ... écrit Maihias en nommant ses parents. De ces documents il appert, selon M. le D' Réihy, que les ancêtres des /ft/n/ae/i' étaient des vayvodes dans Tamalgarae de peuples qui avait immigré du côté des Balkans et qu'ils étaient les parents des familles souveraines slaves et albanaises (2).

M. Jancsô ne s'égare pas dans les hypotlièses, mais s*en tient strictement aux documents authentiques. Or il y a une lettre de donation dans laquelle le roi Sigismond accorde/ le 18 octobre 1409, à son garde de corps IVi/A, fils de Sevban, la propriété de Hunyadvàr^ sise dans le département de Fejér (Transylvanie). Ce Vajk avait trois fils : Jean, Vjak et Juon, Il est curieux qu'en réalité il y avait deux frères qui s'appelaient Jean, puisque le document désigne l'un Joannês, celui qui fut plus tard le grand Uunyadi et l'autre, à la manière roumaine, Juon. Il est probable que le premier était catholique et que le second appartenait à la religion grecque orientale, carde telles fluctuations religieuses n'étaient pas rares chez les kénez roumains. En tout cas, on sait que Joannès suivait sa religion avec une telle ferveur qu'il délaissa souvent son lit pendant la nuit pour aller à l'église où il demeura jusqu'à l'aurore à genoux en priant avec la plus sincère dévotion devant la Sainte Face.

Juon figure sous le nom de Johan dans un document daté de 1419, ce qui prouverait qu'il est devenu entre temps catholique aussi. Voilà comment on appelle Jean dans un document

(i)D' BÉTiir Laszlo^ Ax olàh nyelv es nemzet megalakuldsa^ p. 144 et 145. (2) Kkrciielich, De regnis Dalmatiœj Croatiœ, Slavoniœ^ not. prœlim, Za^ fjrab, p. 280 à 282.

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