INTRODUCTION
Jamais, en réalité, n*a été écrite la biographie de la BourdonnaiSf le célèbre rival de Dupleix, que Voltaire, avec tant de raison, nomme un génie audacieux fîj et considère « comme le Duguay-Trouin de son temps, supérieur toutefois à Duguay- Trouin par V intelligence et égal par le courage f2J. »
Il est incontestable que la Bourdonnais fut un des plus grands colonisateurs du monde, et si la trop fameuse « Compagnie perpétuelle des Indes » avait fait pour lui ce que les « Chartered Companies » ont réalisé, par exemple, pour Cecil Rhodes, sa gloire brillerait, aujourd'hui, dans les plus belles pages de notre histoire de France, d'un immortel et merveilleux éclat.
Sans doute — au moins jusqu'aux dernières années — nos historiens lui ont tous consacré quelques pages élpgieuses; mais, en réalité, c'est bien inoins l'histoire qui nous l'a fait connaître que la littérature et le gracieux roman de Bernardin de Saint-Pierre. Comme le remarque, en effet, fort judicieusement M. Ginisty (3J : <r // n'est pas beaucoup de personnes se rappelant les circonstances de l'expédition de Madras, pourtant extraordinaire par son audace et son succès. Il en est beaucoup plus qui se souviennent, dans le roman f4-J, de la scène où la Bourdonnais, gouverneur de l'Ile de France, vient trouver M"^ de la Tour et
(V VoUaire. Précis du siècle de Louis XY, chap. XXIX.
f2) Idem. Fragments historiques sur l*Inde.
(3J Paul Ginisty. Le Petit Marseillais, 1899.
(4) Paul et Virginie, par Bernardin de Saint-Pierre.