ACTE PREMIER
HASSAN
L'ange a donc fait un trou dans ta poitrine, Mahomet ?
ABOU-BECKER
Quelle est donc ta nouvelle doctrine ?
MAHOMET, montront la Canija et les iJoles.
Elle est simple : abolir les faux dieux, que voilà ; Réunir les tribus de l'Arabie entière Sous cette unique loi...
ABOU-BECKER, plus attentif.
Mais de quelle manière ?
Vn livre, le Koran, par Dieu lui-même écrit, Doit te l'apprendre.
ABOU-BECKER, à part.
A-t-il vraiment perdu l'esprit
(Rires bruyants des Arabes.)
S'il est fou, mes amis, il suffit de le plaindre, Sans l'insulter.
HASSAN
Les fous quelquefois sont à craindre.
(Approchant sa main du visage de Mahomet.)
Je veux tirer un peu la barbe que voilà Pour bien savoir...
ABOLT-BECKER, lui retenant In main.
Hassan, je te défends cela !
MAHOMET, in-.mobile, mais les yeux éclatants.
Qui m'outrage est perdu, Hassan, qu'il t'en souvienne — Aljou-Bcclver, merci ! que la lumière vienne Sui' tes yeux, sur ton front où je pose mes doigts!
HASSAN, à la foule.
Frères, laissons ce fou ! Voici Thcure où je dois Faire sept fois le tour, comme poète et prêtre, De la Caaba Venez !
(Tous sortent.) VESID, il Mahomet, penJnnt que les autres sortent.
Tu guériras peut-être, Mais, crois-moi, sans cela tout espoir serait vain, Mange beaucoup de viande et bois licaucoup de vin !
ABOU-BECKEK, l'emmenant.
Yézid, c'est assez ! Si l'ivresse fut prompte A s'emparer de toi, sors et caclie la honte.