SCENE III
Les Mêmes, M.\H0MEÏ.
HASSAN"
Prends cette torclie, tiens,
MAHOMET, avdiiçaiit co nme sins écouter et sans v
Dieu m'a dit de venir, et je viens.
YEZIl), avec les outres, riant bruyaiument.
Ah ! ah 1 que dit-il donc?
ASSAN, riant.
Mahomet, quel mystère
Vas-tu nous révélei
ABOU-BECKER, à Mahomet.
Crois-moi, mieux vaut te taire.
-Xon, qiril parle... Après tout, entendre un fou parler Est aussi gai que voir une ville hrùler ; Qu'il se dépêche donc de conter son histoire.
YEZID, offrant une cjupe à Miiljomet.
D'aljord, pour délier ta langue, veux-tu hoire ?
MAHOMET, le regardant fixement.
Toi dont Tivresse horrible emplit les yeux ardents,
Un jour Dieu brisera la coupe entre tes dents !
Vous autres qui riez, je n'ai pas de reproche
A vous faire, car l'heure où vous croirez approche.
Depuis trois jours j'étais sur ce mont de Héra,
Où le fils d'Aliraham, mon ancêtre, ])Ieura.
Ce matin, au moment où meurent les étoiles,
Devant moi, tout à coup, llambloyant sous ses voiles.
Un ange descendit, et je l'ai reconnu,
Car c'est lui qui souvent était ainsi venu.
« Lève-toi, m'a-t-il dit, et cours où Dieu t'envoie,
« Retourne vers ton peuple, et montre-lui sa voie. ■■>
L'ange alors sur mon front posant son doigt de feu :
" Sois le pu ri lié par la vertu de Dieu !
<' Je te donne en son nom la force et la puissance,
» J'arrache de ton sein le crime de naissance.
« Le vice originel, car Dieu le veut ainsi :
i: Sois son prophète ! Va maintenant !... » Me voici.
TOrS, riant.
Ah! ah!