VOIX DU DEHORS
Abou-Becker.
KIIADIDJA.
Mon cousin... Ouvre vite !
(Maycira Ta ouvrir. Abou-B'cker entre el vu pren Ire la mai.'i de KhadiJja.)
Khadidja... Qu'as-tu donc? Est-ce que ma visite Te déplaît, Ivikadidja ?
KIIADIDJA.
Non, certe.
ABOU-BECKER
Alors, pourquoi
Ce frisson dans tes mains
KIIADIDJA.
Ne parlons pas de moi.
As-tu vu Mahomet ?
ABOU-BECKER
Non pas, ce dont j'enrage.
Que je devienne fou, s'il devient jamais sage ! Sans doute, en ce moment, il court dans le désert, De ravins en ravins où sa trace se perd. Ce bel Arabe était peu fait pour le commerce. Car il est paresseux comme un mage de Perse ! De plus visionnaire ! Il prétend que du ciel
Descend pour lui paiier l'archange Gabriel; 11 le dit et le croit ! Car, en toute aventure, On ne saurait du moins Taccuser d'imposture; Mais partout, dans la Mecque, on se raille de lui.
KIIADIDJA.
On ne raillera pas toujours comme aujourd'hui !
ABOl'-BECKER.
Crois-moi donc, Kliadidja, tu devais rester veuve, Au lieu de hasarder cette fâcheuse épreuve D'épouser un mari plus jeune de quinze ans, Très pauvre, et dont la tète est vide de bon sens 1
KIIADIDJA.
Je l'estime et je l'aime...
ABOU-BECKER
Oui, voilà ta faiblesse, C'est de quoi l'on te plaint...
KIIADIDJA.
Cette pitié me blesse.
S'il est pauvre, il descend, par son père Abdallah, D'Ismaël, tils d'Hagar...
ABOU-BECKER
Oui, nous savons cela.
KIIADIDJA.
11 est pauvre, dis-tu? Mais son travail, son zèle, Augmenta ma richesse; il était bon, fidèle, C'est pourquoi je le pris pour époux...