‹ Mahomet; drame en cinq actes, en versChapitre 25 sur 83 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

\i\i l)ien, souviens-toi donc : des ennemis sans nomljre, A la Mecque, autrefois, me poursuivaient dans l'ombre: Je me réfufiiai seul, sur le mont de Tiior, Dans un antre où leurs pas allaient me suivre encor; Soudain une colombe, à l'instant même où j'entre, Avec se^^^deux petits se pose au bord de l'antre, Et mes persécuteurs se dirent pleins d'ennui : « il n'est pas eniré là, — la colombe aurait fui ! »

ABOr-BECKER.

Dieu t'a souvent sauvé par un pareil prodige. — Et cependant ces Juifs...

Laisse-les fuir, te dis-je ! Tu pourrais égorger ces femmes, ces enfants, Ces vieillards éperdus à nos cris triomphants ; Père, dans le désert tu creuserais bmrs tomljes, Oui, mais tu risquerais d'eifrayer ces colombes ! — D'ailleurs, c'est déjà trop de massacre et de deuil, Vois ce couvent cbrétien... le sang rougit le seuil. Tous les prêtres ont fui, tout est Oamme ou décombre. Les anges Zébanni hurlent du fond de l'ombre ; Dans le désert, partout, des cadavres... Assez! Donnons quelque repos à nos soldats lassés ; Nous passerons ensemble, ici, la nuit entière.

(Montrant les bords du ruisseau.)

Dressez les tentes là... Descends de ta litière,

(Ayesha desce.id de sa litière avec l'aide de Safwaii.)

Âyeslia. — Safwan, viens, mon ami, viens donc. A])OU-Becker... allons, ta main !

ABOU-BECKER, s'inclin^inl jusqu'à terre.

Maître, pardon !

MAHOMET, oUant vers la source et y trempant légèrement In main.

Avant lout, prenez soin de mon cheval, esclaves;

11 est des plus hardis sans doute et des plus braves,

Mais, depuis quelques jours, il a le pied plus lent,

Placez-le pour dormir loin du sable brûlant ;

L'eau du puits est trop fraîche encor; pour tout remède,

Lavez-en ses naseaux lorsqu'elle sera tiède.

(Les esclaves puisent de l'eau dans les jarres et s'éloignent.)

Maître, pour assurer notre repos, le tien Surtout, je fais placer une garde.

C'est bien ; Tu le vois, Ayesha, c'est justice à lui rendre. Ton père, comme un tils, aime et garde son gendre.

ABOL-BECKER.

Oui, l'apôtre honoré que Dieu même inspira.

Je reçois tes bienfaits, ami, Dieu les paierai — Mais je n'aperçois |;as encore la litière Dellafsa...

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