ACTE DEUXIEME
LA FOULE
A mort, la Juive!
ABOU-BECKER, à Muhomet.
Tu le vois, Tous demandeul sa mort.
MAHOMET, se résignant presque.
Oui!
ABOU-BECKER
Juive, cette fois liien ne peut te sauver.
SOFIA
Je le sais. J'étais prête.
Montre-moi donc la place où va tomber ma tète!
La voici : ce rocher.
SOFIA
C'est bien.
Encore un mot. ' Femme, qui donc es-tu? Réponds vite, il le faut!
SOFIA, montrant son luth.
Tu peux le voir! Je suis une pauvre chanteuse.
ABOU-BECKER, à Mahomst.
Allons, je crois plutôt sa pauvreté menteuse; Pour approcher de toi, c'est un déguisement.
Alors nous le pourrons savoir facilement.
Si tu n'as pas menti, donne-nous-en la preuve :
Chante, femme. — Eh bien, chante.
ABOU-BECKER
A quoi bon cette épreuve?
SOFIA, à pnrt.
Dieu des Juifs, soutiens-moi!
(A Aboa-Beckpr.)
)ye crains rien, tu vas voir Ouc je ne songe pas à tromper ton espoir! Après le chant que m'a demandé le Prophète, Moi-même sur ce~roc j'irai poser ma tête. Ahou-Becker, tiens donc le cimeterre nu, Car ce chant n'est pas long, et mon jour est venu.
(Abou-Hccker, le sobre mi, se iilaoe prè^ du rorher. — Mnliomet s'assied s jr la m.irgclle du luiits. — Les Arabes forment un cercle autour de lui et de Sofia, en élevant leurs flambeaux).
SOFIA, récitant, au bruit d'une musiijue douce.
La Sulamite dort, et sa bouche vermeille Murmure, trahissant le rêve accoutumé :
Je dors, et .mon cœur veille;
Reviens, mon bien-aimé!