ACTE TROISIÈME
OMAR
Si ce n'est déjà fait !
ALI
Je le crains.
MAHOMET, avec le même sourire.
Le péril est urgent, en etlet.
Que me conseillez-vous alors? Je vous écoute. Abou-Beckcr, d'abord.
ABOU-BECKER
Maître, quoiqu'il m'en coûte, Quoiqu'on m'ait accusé souvent de trop d'ardeur, Quoique je sois soldat et non ambassadeur, Je crois qu'il faut offrir la paix, ce dont j'enrage.
Ali, parle à ton tour.
ALI
Je crois que mon courage Est connu; j'ai tué tant de Juifs dans Cammous, Que les vautours disaient: Ali, qu'en ferons-nous! — Mais au nombre céder n'a rien qui déshonore : 11 faut oifrir la paix, s'il en est temps encore.
Omar, lui, qu'en dis-tu?
OMAR
Quand le simoun ardent Souffle, aller contre lui serait trop imprudent:
11 faut offrir la paix, mais pour préparer l'heure De la guerre. Voilà mon avis, et j'en pleure.
Safwan, à ton tour.
Que puis-je dire a|)rès Ces hommes au comhat jusqu'ici toujours prêts? S'ils ont, s'ils croient avoir de vrais sujets d'alarmes, Moi plus jeune, ma voix ne peut compter.
MAHOMET, moiilrant le faisceau d'armes près de sou lit.
Mes armes!
Elles ont ce pouvoir, ayant bien combattu, De rendre à qui les touche ardeur, force, vertu, Car chacune s'appelle, après son nom vulgaire. Du nom de ses exploits, comme un homme de guerre. — Mon sahre Dhul Fakar, pris au combat de Behr. Omar, donne-le moi...
(Omar obéit. )
Mon casque aux clous de fer.
Al Maicascha...
(Ilfnit signe à Ali, qui le lui apporte.)
C'est bien. Ah...
(.V Abou-Hecker.)
Père, ma lance
Al Moniaiv:...
ABOU-BECKER
Voici, maître.