ACTE TROISIEME
Pour qu'il soit là, je n'ai pas besoin qu'il paraisse; Je sens de ses regards la lointaine caresse. Il souffre, et c'est cela qui me fait moins souffrir : Safwan, si tu veux, maintenant va mourir.
Ayeslia, qu"as-tu dit?
Que veux-tu que je dise ?
Est-ce ma faute, hélas! si mon âme se brise? Imite Mahomet, laisse-moi sans appui; Tu me fais plus de mal, sans m'aimer plus que lui ! Va mourir, laisse-moi seule avec ma souffrance. J'avais l'illusion à défaut d'espérance; J'ai trop compté sur toi.
SAFWAX.
Juste ciel !
AYESIIA.
Oui, pardon 1 Je saurai souffrir seule. Abandonne-moi donc.
SAFWAX.
Eh bien, non! je vivrai. Les périls, je les brave, Je chasserai la mort comme on chasse un esclave ! Et puis, quand je reviendrai, tu me regarderas •
AYESHA.
Gomme dans le désert quand j'étais dans tes bras
SAFWAN.
Tais-toi! ne me rends pas ma folie et mon rêve ! L'amour, Tamour esl là ! Le vent du soir se lève, 11 nous porte de loin l'acre parfum des mers Et le frémissement des feuillages amers ; Comme dans ces instants que celui-ci rappelle, Comme dans cette nuit si douce et si cruelle Où tes yeux m'inondaient de leur longue lueur, Les Hammesdu désert me passent dans le cœur!
Safwan !
SAFWAN.
Oh ! je t'aime, et ce feu me dévore ■ Le cœur, l'âme, le sang
AYESIIA.
Laisse-moi fuir encore !
SAFWAN, lui tenJnnt ses bras.
Je t'aime !
AYESIIA.
Non, jamais! non, non ! je ne veux pas !
SAFWAN.
Je t'aime !
AYESNA
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