‹ Mahomet; drame en cinq actes, en versChapitre 66 sur 83 · ACTE QUATRIEME lO.'î · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME lO.'î

Je proclame Ayesha devant tous innocente! Pour que la calomnie en demeure impuissante, Le Koran contiendra les paroles qu'il faut. J'ai dit. Inclinez-vous.

ABOU-BECKER

Prophète, encore un mot.

Il ne me suffit pas que cette calomnie Soit par toi dédaignée, il faut la voir punie. La loi juste condamne au même ciiàtiment L'adultère ou celui (|ui le dénonce et ment :

(Montrant Hafsi et Hassan.)

Je demande leur mort.

Oui, si la preuve est faite Que j'ai menti... Mais non, tu le sais bien, Prophète, C'est ton orgueil qui parle et non la vérité, Car elle te l'ait peur !

ABOU-BECKER

Quoi ! ta témérité...

IIAFSA, à Mahomet.

Toi, tu sais à ton gré composer ton visage,

Mais Ayesha n'a pas le même habile usage :

Regarde-la rougir et pâlir tour à tour :

C'est ainsi qu'elle était dans ses bras, l'autre jour!

Toi-même tu pâlis en regardant Tinfâme,

Prophète...

C'est assez écouter cette femme.

Ayesha, viens encor...

(il prend la têle d'Ayesha de son bras gauche et la penclio doucement sur sa poitrine. I

Vous tous, écoutez bien !

Voyez si son regard tremijle devant le mien. Pourquoi vous tromperais-je et serais-je capaljle De la dire innocente en la croyant coupable? Ali ! si je vous trompais...

(il lire son poignard et l'apjiroclie du sein d'Ayesha.)

Ce fer juste et vengeur, Ce poignard de lui-même aurait trouvé son cœur!

(Rumeurs approbalives de la foule. Il éloigne doucement Ayeslia.)

Elle est donc innocente, et je vous le répète ; En douter serait faire une injure au Prophète, Et ses accusateurs...

AVE.SIIA, revenant à lui.

Maître, grâce pour eux !

Alors ils avoueront leur mensonge tous deux. Viens, Hassan ; viens, Hafsa; voulez-vous reconnaître Que vous avez menti tout à Flieure ?

HASSAN

Non, maître!

Je ne descendrai pas à cette lâcheté ; Non, je n'ai pas menti.

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