ACTE QUATRIEME
Se vengent... J'ai souffert. — Je pleure encor, voyez !
Mais mentir, non ! Je fais donc le serment suprême
Aux femmes imposé par le Koran. lui-même :
Je jure ! — Si je mens que la goule Silali
Sur les ailes du vent vienne me saisir là ;
Que rarcliange Malik, cliel' des vengeances saintes,
Me plonge sous vos yeux dans les rouges enceintes,
Et que le noir démon du mensonge, Mabsout,
Me torture à jamais ! — Mais non, je dirai tout.
LA FOULE, très é;nu3
Parle.
HAFSA
Je les ai vus dans les bras l'un de l'autre.
Ici même
Ah ! vraiment, maître, prophète, apùtre. Les anges protecteurs dont parle le Koran T'ont bien mal défendu, cette fois, conviens-en. Maître, te voilà donc, toi, l'homme de la guerre, L'homme de Dieu, frappé par un affront vulgaire. Et les peuples à tous les noms qu'on t'adressa En ajouteront au : le mari d\U'esha !
ALI, s approcbanl Je Mnhoinet.
Prophète, tu l'eatends ! Prophète, il faut répondre A cette femme ; un mot de toi va la confondre.
Begai'ue! nos soldats attendent, anxieux;
On abaisse ta gloire et ton œuvre à leurs yeux ,
Ne permets plus cela,
OMAR
Non, Prophète! Non, maître!
Dis-nous la vérité, toi qui dois tout connaître.
ABOU-BECKER
Oui, mon fils... 11 le faut ! Parle enfin... il est temps. Et n'attends pas...
MAHOMET, avec un sourire liautain.
Qui donc se hâte quand j'attends ?
Il m'a plu d'écouter cette femme et cet homme ; Dieu me prête son calme et sa prudence, comme 11 me prête sa force et sa justice aussi !
— Viens ici, Safwan ; Ayesha, viens ici ;
Ne jetez pas un mot de vous dans la balance. Car je vois l'invisible et j'entends le silence!
— Safwan, ce matin, entre la mort et toi
Je viens de me jeter... Eh bien, regarde-moi !
— Ayesha, si l'on eut un reproche à me faire C'est qu'à toutes peut-être ici je te préfère, C'est que j'ai préparé pour ton père et pour toi Un avenir de gloire... Eh bien, regarde-moi !
Ce dont l'on vous accuse est le crime suprême, Car il atteindrait tous et Dieu comme moi-même ; Eh bien, regardez-vous devant Dieu, devant tous, Devant moi ! — C'est assez. Tous deux éloignez-vous.
(A la foule.