‹ Mahomet; drame en cinq actes, en versChapitre 65 sur 83 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

Se vengent... J'ai souffert. — Je pleure encor, voyez !

Mais mentir, non ! Je fais donc le serment suprême

Aux femmes imposé par le Koran. lui-même :

Je jure ! — Si je mens que la goule Silali

Sur les ailes du vent vienne me saisir là ;

Que rarcliange Malik, cliel' des vengeances saintes,

Me plonge sous vos yeux dans les rouges enceintes,

Et que le noir démon du mensonge, Mabsout,

Me torture à jamais ! — Mais non, je dirai tout.

LA FOULE, très é;nu3

Parle.

HAFSA

Je les ai vus dans les bras l'un de l'autre.

Ici même

Ah ! vraiment, maître, prophète, apùtre. Les anges protecteurs dont parle le Koran T'ont bien mal défendu, cette fois, conviens-en. Maître, te voilà donc, toi, l'homme de la guerre, L'homme de Dieu, frappé par un affront vulgaire. Et les peuples à tous les noms qu'on t'adressa En ajouteront au : le mari d\U'esha !

ALI, s approcbanl Je Mnhoinet.

Prophète, tu l'eatends ! Prophète, il faut répondre A cette femme ; un mot de toi va la confondre.

Begai'ue! nos soldats attendent, anxieux;

On abaisse ta gloire et ton œuvre à leurs yeux ,

Ne permets plus cela,

OMAR

Non, Prophète! Non, maître!

Dis-nous la vérité, toi qui dois tout connaître.

ABOU-BECKER

Oui, mon fils... 11 le faut ! Parle enfin... il est temps. Et n'attends pas...

MAHOMET, avec un sourire liautain.

Qui donc se hâte quand j'attends ?

Il m'a plu d'écouter cette femme et cet homme ; Dieu me prête son calme et sa prudence, comme 11 me prête sa force et sa justice aussi !

— Viens ici, Safwan ; Ayesha, viens ici ;

Ne jetez pas un mot de vous dans la balance. Car je vois l'invisible et j'entends le silence!

— Safwan, ce matin, entre la mort et toi

Je viens de me jeter... Eh bien, regarde-moi !

— Ayesha, si l'on eut un reproche à me faire C'est qu'à toutes peut-être ici je te préfère, C'est que j'ai préparé pour ton père et pour toi Un avenir de gloire... Eh bien, regarde-moi !

Ce dont l'on vous accuse est le crime suprême, Car il atteindrait tous et Dieu comme moi-même ; Eh bien, regardez-vous devant Dieu, devant tous, Devant moi ! — C'est assez. Tous deux éloignez-vous.

(A la foule.

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