‹ Mahomet; drame en cinq actes, en versChapitre 75 sur 83 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

Je ne veux pas ! te dis-je.

Safwan t'obéit en soldat, jusqu'au bout, Eli silence ; mais moi, moi je te dirai tout ! Après, maître, à tes yeux je tomberai s'il tombe. Et tu sais que je parle en regardant ma tombe. Tu mï'couteras donc! Et le maître irité Se taira...

Ou'oses-tu dire?

AYESIIA.

La vérité!

J'ai cacbé trop longtemps dans mon âme meurtrie Mes douleurs, et leur poids m'étouffe, et je les crie! Tu m'écouteras donc! Dieu mettra dans ma voix Le courage, la force inconnue autrefois, Eh bien! oui, je l'aimais! oui, j'ai donné mon âme, Et ma pureté même à tes yeux est infâme : J'y consens. Cependant tu devrais convenir Oue mon âme c'était à toi de l'obtenir, Uu'elle voulait s'ouvrir et que tu l'as fermée...

MAHOMET, ù part.

Comme je souffrirais si je l'avais aimée I

AYESIIA.

Quand on me sépara de celui que j'aimais, Tn le sais, j'obéis sans me plaindre jamais;

Et même, cette ardeur qui veut être assouvie

Et que tout être humain reçoit avec la vie,

Les rêves de demain et les rêves d'iiier,

Le dévouement profond, inaltérable et fier.

Je te les réservais... Eh bien, eh bien, écoute!

Dans le mal que j'ai fait, dans mon crime sans doute,

Tu ne comptes que deux coupables; mais, crois-moi,

Il en est un de plus.

Lequel, femme?

AYESIIA.

C'est toi !

Devant Dieu qui m'entend et sera mon refuge, Devant toi qui punis, — à mon tour je te juge!

Me juger, une femme !

Après tout, pourquoi pas Puisqu'une fennne, enfant, t'a porté dans ses bras ? Ecoute jusqu'au bout, toi, l'apùtre, le maître, Toi, l'envoyé de Dieu, son image peut-être; Toi, qu'un ange saisit dans son vol effrayant Et qui n'as frissonné qu'une fois en voyaut, Dans le septième ciel, au milieu des étoiles, Les yeux d'Allah briller sous ses vingt mille voiles ; Toi, dont ici, partout. Dieu, par de prompts secours Et par plus d'un miracle, a protégé les jours ;

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