‹ Mahomet et la CoranChapitre 20 sur 50 · XXXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXIV PRÉFACE

pour gage de mon inébranlable cciiilude le passé tout entier du genre humain, dont je ne fais pas si bon marché; j'en ai pour gage la nature même de l'esprit de l'homme, qui se passerait plutôt encore de philosophie' que de religion; car il y a eu des temps où la philosophie n'existait pas, et il n'y en a pas un seul d'où la religion ait été absente. Qu'est-ce en effet que la religion?

Pour un instant, écartons le culte qui n'est en quelque sorte qu'un objet d'ordre social, et dont les diversités ne doivent pas nous cacher le fonds commun qu'elles enveloppent. Les bizarreries même les plus inintelligibles, et par fois les plus choquantes, ne peuvent pas nous tromper. Toutes les religions, sans en excepter aucune, ne sont qu'une explication plus ou moins heureuse, plus ou moins profonde, de cette grande énigme qui sol- . licite sans cesse notre inlelligence : Qu'est-ce que le monde? Qu'est-ce que l'homme? D'où viennentils? Qui les a faits? Qui les gouverne? Quel en est le but? Comment ont-ils commencé? Comment doivent-ils finir? Qu'est-ce que la vie et la moit? Quelle est la loi qui doit régir la raison humaine dans notre court passage ici-bas? Quel avenir nous attend par delà cette vie, dont la durée éphémère ajoute encore à sa beauté et à son importance? Y a-t-il quelque chose après cette existence d'un jour?

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