‹ Mahomet et la CoranChapitre 21 sur 50 · PREFACE. XXXV · texte numérisé non relu

PREFACE. XXXV

Et dans quel rapport sommes-nous avee l'éternité, dont la pensée seule nous accable, mais à laquelle nous appartenons, et qui peut aussi nous appartenir? Ce sont là des questions d'un si pressant intérêt, d'un intérêt tellement général, qu'il n'y a pas une seule nation, un seul peuple, une seule peuplade qui ne les ait résolues. Solutions bonnes ou mauvaises, raisonnables ou absurdes, durables ou transitoires, qu'importe? Il n'est pas une société qui ait pu s'en passer jamais. On peut ajouter qu'il n'y en aura jamais qui puisse s'en désintéresser. Sl'Iou les temps, les lieux, les circonstances de race, de climat, d'bistoire antérieure et mille autres accidents, dont nous n'avons ni le secret ni la disposition, les interprétations d'un seul et unique problème changent à l'infini. De là ces bigarrures religieuses, dont on peut se railler par inattention ou légèreté, mais auxquelles l'humanité, en quelques lieux qu'on l'observe , à quelque degré de civilisation qu'elle soit arrivée, tient passionnément, comme à son trésor le plus cher, à son bien le plus précieux. La religion, la croyance nationale est plus essentielle aux peuples que la patrie même. Le Juif, le Guèbre et tant d'autres ont perdu la Judée ou la Perse ; il leur suffit d'avoir emporté leur dieu, qu'ils gardent inviolable el toujours présent, sur la terre étrangère et dans l'exil éternel.

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