‹ Mahomet et la CoranChapitre 4 sur 50 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

matériels, religieusement nous Regagnons rien sur elles; et les prédications héroïques de nos missionnaires, si fécondes ailleurs, échoueront toujours devant le Mahométisme, qu'ils ne peuvent entamer. De leur propre aveu, ils ne trouvent pas, dans leur apostolat universel, un obstacle plus invincible que celui-là.

Ce grand fait doit nous éclairer, et nous pouvons en conclure sans hésitation que Mahomet a compris parfaitement quelle doctrine religieuse convenait à ces races. Par inspiration, comme je le crois, ou par calcul, comme on l'a dit trop souvent, il a si bien su leur mesurer leur foi qu'elles y sont restées attachées inviolablement, à travers les plus terribles vicissitudes. Selon toute probabilité, le temps ne détruira pas plus la foi musulmane qu'il n'a détruit la foi juive, stationnaire, mais immuable . Le Mahométisme ne fait pas de prosélytes nouveaux ; mais il ne perd aucun de ceux qu'il a conquis, et les musulmans continuent de vénérer Mahomet, bien plus que les Israélites ne vénèrent maintenant Moïse.

A moins de supprimer dédaigneusement près d'un dixième de l'humanité, il faut donc faire une large place à la religion musulmane dans l'état présent du monde; et, quelles que soient les passions aveugles de la foule, la politique au moins devrait nous

PREFACE. • IX

apprendre à être plus bienveillants en ce qui concerne le Mahométisme.

Que si, remontant à son origine et à ses dogmes, nous nous demandons ce qu'il est en lui-même, nous n'aurons guère qu'à le louer. Qu'est-ce, en effet, que la révolution religieuse accomplie par Mahomet, vers le milieu du septième siècle de notre ère? Dans son caractère le plus général, c'est la destruction de l'idolâtrie. A de grossières croyances, ' descendant à un stupide fétichisme, dont le culte de la Pierre noire, à la Caaba, est encore le témoignage et le reste innocent, Mahomet a substitué, après vingt ans de luttes, la foi à un Dieu unique, clément et miséricordieux, créateur des cieux et de la terre, père de l'homme, sur lequel il veille et qu'il comble de biens, rémunérateur et vengeur dans une autre vie, où il nous attend pour nous récompenser ou nous punir selon nos mérites, tout-puissant, éternel, infini, présent partout, voyant nos actions les plus secrètes, et présidant à la destinée entière de ses créatures, qu'il n'abandonne point un seul instant, ni dans ce mondeci ni dans l'autre. L'Islam est la soumission la plus humble et la plus confîanle à sa volonté sainte. Il n'y a pas plus à se révolter contre elle qu'à désespérer de la fléchir; et le cœur du vrai musulman est aussi tranquille que pur, devant

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