‹ Mahomet et la CoranChapitre 5 sur 50 · X - PRÉFACE · texte numérisé non relu

X - PRÉFACE

l'auteur de son existence, son soutien indéfectible et son équitable juge. Le seul culte que le. musulman doive au Dieu unique, c'est la prière répétée plusieurs fois par jour; et, à certaines époques de l'année, des mortifications, qui ramènent plus particulièrement la pensée du fidèle à Celui qui l'a créé, qui le fait vivre, et qui le retrouvera éternellement après la mort.

Tel est rislam dans son essence et sa simplicité ; telle est la vraie et saine doctrine que Mahomet est venu prêcher au monde arabe, et par laquelle il l'a persuadé et amélioré. S'il est un homme à qui la raison et l'histoire doivent des éloges sous ce point de vue restreint, c'est celui-là. A l'exception du Christianisme, appuyé sur la Bible et l'Evangile, avec toutes leurs merveilleuses conséquences, il n'y a pas d'autre religion au monde que l'on puisse équitablement comparer à l'Islam, et qui mérite, même de très-loin, d'être mise en parallèle avec lui.

Sans doute, Mahomet n'a rien d'original, et nous connaissons toutes les sources où il s'est inspiré, en les comprenant d'ailleurs assez mal. Mais , à cet égard , qui a été plus modeste et plus loyal que lui-même? 11 ne s'est jamais donné pour un novateur; il n'a jamais prétendu avoir rien inventé. Il ne vient pas révéler un culte inconnu. Loin de là : c'est la foi d'Abraham ,

PREFACE. XI

celle de Jacob, de Moïse, de David, de Jésus même, qu'il doit reproduire et compléter; il ii'apporle point aux hommes des enseignements inouïs; il vient leur répéter seulement ceux qu'ils ont cent fois entendus, mais qu'ils ont oubliés. A la manière dont il parle des prophètes antérieurs, à l'estime, à la tendresse même qu'il ressent pour eux, on voit bien qu'il ne se croit pas leur égal, encore bien moins leur supérieur; il ne fait que les continuer; il met le sceau à leur doctrine, en la redisant après eux. S'il renverse l'idolâtrie, c'est pour faire revivre, sous ses ruines et ses pratiques sacrilèges, la vraie religion que, par la suite des temps, les hommes avaient méconnue. Il la réveille dans leurs cœurs, où elle a laissé encore des étincelles sous des cendres séculaires. Aussi, en présence des saintes figures du passé qu'il évoque à son aide, il se sent bien insuffisant et bien petit. Les prophètes qui l'ont précédé avaient le don des miracles; Dieu le lui a refusé. Ce don accordé à d'autres, quoique souvent inutile contre l'ingralitude et l'endurcissement des hommes, ne lui est plus nécessaire ; il ne prétend parler qu'à la raison. Cette puissance surhumaine, dont quelques prophètes ont été divinement investis, ne les a ni protégés, ni fait réussir. Les peuples, tout en voyant des prodiges, sont demeurés insensibles et se sont dé-

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