Cf. Guide, II. ch
2. Guide. I, ch. 69, p. 32o; ch. :o. p. 325; ch. ;2, p. 3:3. « Dieu, disent les docteurs, est la demeure du monde, mais le monde n'est point sa demeure », Beréschith rahba, sect. 6S.
3. Gaide, II, ch. 6, p. :5. La faculté directrice ou nature est le principe qui dirige et gouverne le corps ; I, ch. ;2, p. 363.
4. I, ch. :2, p. 36i et suiv. : II, ch. 5, p. 65: ch. 10 et suiv. : cf. Renan, Averroès, p. iai-122.
les autres parties de l'univers et qui envoie à tout ce qui naît les facultés nécessaires. Si bien que tout mouvement qui existe dans l'univers a pour origine le mouvement de la sphère céleste et que tonte âme a son principe dans l'âme de la sphère céleste. Les facultés qui viennent de la sphère céleste au monde sublunaire sont au nombre de quatre : i" une faculté qui produit le mélange et la composition d'où soi'tent les minéraux ; 2" une faculté qui communique l'âme végétative aux végétaux ; 3' une faculté qui donne l'âme vitale aux animaux ; 4*^ une faculté qui départit la faculté rationnelle aux êtres raisonnables. Toute naissance et toute destruction des choses sublunaires a lieu sous l'influence de la variation de la lumière et des ténèbres, de la chaleur et du froid, variation qui résulte de la révolution sidérale. Grâce à cette révolution, en effet, la lumière et la chaleur se communicjuent et se dérobent tour à tour aux diflei-^ntes parties de la terre. Si les sphères célestes suspendaient leur cours, ce serait la mort de l'univers entier.
Tout l'univers forme un seul organisme, vivant par le mouvement de la sphère céleste qui y tient le même rôle que le cœur dans les créatures animées. De même qu'il est impossible c[ue les membres du corps humain existent séparément, de même il serait impossible que les parties de l'univers existassent les unes sans les autres, en sorte que le feu existât sans la terre, ou la terre sans le ciel, ou le ciel sans la terre.
De même, encore qu'il y a dans l'organisme une certaine faculté directrice qui lie les membres les uns aux autres, les gouverne et les conserve, de même il y a dans l'ensemble de l'univers une faculté qui unit les parties les unes aux autres, qui empêche les espèces de périr et conserve, autant que faire se peut, les individus de ces espèces.
La comparaison de l'univers avec l'organisme humain est exacte, sous condition toutefois des rései-ves suivantes :
1° L'organe dominant (le cœur) tire profit des organes subordonnés. Dans l'univers, au contraire, tout ce qui exerce une influence directrice ou communique une faculté ne reçoit rien en échange de la partie subordonnée. Le monde supérieur se donne à la façon d'un homme qui fait le bien pour le bien, par pure générosité, sans espoir de récompense, dans le dessein de se rendre semblable à Dieu (').
2° Dans l'animal, le cœur se trouve au milieu et les autres membres l'environnent pour le protéger. Dans l'ensemble de l'univers, c'est l'inverse : la portion la plus noble enveloppe ce qui lui est inférieur et ne reçoit aucune impression d'un autre corps,
3" La faculté rationnelle fait partie de l'être humain et en est inséparable, au lieu que Dieu n'est pas une faculté dans le corps de l'univers, mais en est totalement séparé. On peut comparer le rapport de Dieu avec l'univers au rapport entre l'intellect acquis ('■) et l'homme, car cet intellect n'est pas non plus une faculté dans un corps, il est séparé du corps sur lequel il s'épanche.
A chaque sphère céleste, corps vivant doué d'un intellect, avons-nous vu, préside une Intelligence pure. Ces Intelligences pures, immatérielles, qui toutes sont éma- . nées de Dieu, sur lescjuelles s'épanche l'influx divin, qui sont en dehors de la sphère céleste et de ses astres, sont les anges, intermédiaires entre Dieu et tous les corps célestes ('').
1. Chez l'homme la puissance précède l'acte, tandis que les sphères et les intelligences sont toujours en acte. Elles font toujours ce qui est bien et il n'y a en elles que du bien; Guide, II. ch. 7, p. --.
2. L'intellect acquis est l'intellect en acte dans l'homme, lorsque les idées intelligibles sont toujours présentes à son intelligence. A ce degré, l'intelligence humaine s'identihe avec Tintellect agent universel, connaît les intelligences pures et Dieu ; cf. Munk. Guide, I. p. 307, note .
3. Guide, II, ch. 4 et 6; III, ch. 43, P- 35a. Albert le Grand, qui combat cette identification, dit que cette théorie est plus particulièrement celle des philosoplies juifs, d'Isaac Israéli et de Maimonide. « Ordines autem intelligentiarum quos nos determinavimus quidam dicunt esse ordines
Dieu n'opère point par contact, il ne fait rien sans l'intermédiaire d'un ans^e ('). Le prophète ne reçoit de révélation que par le canal d'un ange. Les moindres particularités de l'univers, jusqu'à la création des membres de l'animal, tout s'exécute par l'intermédiaire d'anges : car toutes les énergies tant physiques que psychiques sont des anges. Ainsi la force plasmatrice du germe est un ange, l'imagination et l'intellect sont des anges, le mauvais penchant et le bon pencliant sont des anges (•).
Le mot malak (ange) e^t un noni homonyme qui désigne à la fois les Intelligences, les sphères et les éléments, car tous ils exécutent un ordre divin. Mais les sphères et les Intelligences n'agissent pas à la façon des forces naturelles inconscientes. Bien au contraire, elles agissent en pleine conscience et entière liberté, et toujours dans le sens du bien. Car elles ne sont pas comme les hommes affectées de privation, tout ce qui leur appartient est parfait et toujours en acte Ç). 11 n'existe pas. quant à la nature de l'être, de rapport entre les anges et l'homme {^).
Les anges n'ont pas de corps, ce sont des Intelligences pures ('). Les formes corporelles sous lesquelles ils apparaissent n'ont rien de réel, ce sont des créations subjectives sous l'ell'et de l'imagination. Toute vision d'ange n'a lieu que dans une vision prophétique. Que si l'Ecriture
ang-elofum et iiiLelligentias vocant angelos ; et hoc quidem dicunt Isaac et Rabbi Moyses et cœteri pliilosophi Judaeorum. Sed nos hoc verum esse non credinius... « De Cousis, p. 503: cf. Summa theoL, p. 76.
1 . fb , ch. 4> P- 60 ; ch. 6, p. (iS. Cf. Talmud Sanhédrin. SS"- : « Le Très Saint n'entreprend rien sans, consulter préalablement la famille supérieure » ; cf. Beréschith rabba, sect. la et 3i : Midr. Qohéleth. 65.
2. Guide, II, ch. 6, p. 70, ;i, -2 : III, cti. 22, p. ijo ; ch. 43, p. 35r. « R. Boun dit : Pendant le sommeil, le corps parle à Tâme sensible, celle-ci à l'âme rationnelle, celle-ci à l'ange, celui-ci au chérubin, ce dernier à l'être ailé qui est le séraphin. Celui-ci, entin, emporte la parole et la redit devant Celui à qui il a sutti d'une parole pour que le monde existât ». Midr. Qohélelh, 83. Cf. Li\'ilique rabba. sect. 32, et Genèse rabba, sect. 85.