II. ch. 3o, p
4. Le mouvement que font les éléments pour sortir de leur lieu naturel n'est jamais spontané ; Guide, II, ch. 19, p. 148; III, ch. a, p. ai.
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"^ LE MOXDE
se comparer au mouvement du ciel qui ne change que par rapport à la position (').
Les principes des êtres périssables sont au nombre de trois : la matière, la forme et la déficience particulière C^). La matière est réceptive et passive essentiellement, elle n"est active qu'accidentellement, tandis que la forme est active essentiellement et passive par accident. La matière première est privée de toutes les formes et les reçoit toutes successivement ('). La matière est accompagnée de privation, car autrement il ne lui surviendrait pas de forme. Lorsque la forme apparaît, la déficience particulière, c'est-à-dire la privation de la forme survenue, cesse, et il se joint à la matière une autre privation, et ainsi de suite (*). Les corps ne sont sujets à la corruption que du fait de leur matière ; en tant qu'ils sont forme, ils sont permanents. Toutes les formes spécifiques perdurent, la corruption n'atteint la forme qu'accidentellement, en tant qu elle est jointe à la matière. Il est de la nature de la matière d'être toujours accompagnée de privation. De là vient que la matière ne cesse de passer d'une forme à une autre, sans conserver jamais durablement une forme individuelle. Toute corruption ou imperfection n'a pour cause que la matière. C'est à elle qu'il faut imputer la mort, la maladie, les fautes. les péchés, tandis que toutes les vertus viennent de la forme ('•).
Toute chose nouvelle qui naît après n'avoir pas existé — bien que sa matière existât et que celle-ci ne fasse que dépouiller une forme pour en revêtir une autre — possède, après être née et arrivée à son état définitif, une nature autre que celle qu'elle avait au moment où elle naissait et commençait à passer de la puissance à l'acte, et dilTé-
I. Guide, I, ch. :2: p. Sôg et siiiv.; cf. Aristote, MéU-orologiques. MIL a. Guide, I, ch. i;, p. 69; déficience particulière, c-est-à-dire privation par rapport à une forme déterminée.