Guide, II, ch. 14, p. ii4 et suiv
LE MOXDE 67
tratioMs par lesquelles les péripaticiens ont prétendu établir réternitc du monde. Pourtant, en réalité. Aristote reconnaît lui-même quil n"a pas prouvé rigoureusement l'éternité du monde, quaussi bien ce sujet nest pas susceptible d'une démonstration (').
Après avoir montré que l'éternité du monde, de l'aveu même du stagirite, n'est pas démontrée, Maïmonide s'attachera à prouver que la création n'est pa^ impossible. Puis, étant donné que la question de savoir si le monde est éternel ou créé demeure indécise, notre auteur se ralliera à la solution mosaïque. Ayant établi que l'opinion juive est possible, il cherchera à la faire prévaloir sur l'opinion péripatéticienne pour la raison que si nous sommes conduits à quelque absurdité dans l'hypothèse de la création, nous aboutissons à une absurdité plus forte encore dans l'hypothèse de l'éternité (-).
Il s'agit d'abord de ruiner les preuves des partisans de l'éternité. Aristote, en argumentent contre l'hypothèse de la création, s'appuie sur la nature de l'être arrivé à son état définitif, parfait, en acte. Mais c'est là commettre un sophisme, attendu qu'une chose achevée possède une nature totalement différente de celle qu'elle avait au moment où elle naissait et commençait à passer de la puissance à l'acte. De la nature que présente un être à l'état de complet développement on ne saurait aucunement conclure à la nature de cet être au moment où il se mouvait pour éclore à la vie. On ne saurait donc tirer de l'état actuel du monde une preuve contre l'hypothèse de la création ex nihilo (^).
La matière première, suivant Aristote. est éternelle. Avec lui nous admettons quelle n'est pas née de quelque chose, comme naît ïout ce qui sort d'elle, à la façon dont, par exemple, l'homme se forme du sperme. Mais cela ne