‹ Maïmonide (volume 2)Chapitre 46 sur 94 · Guide, II, ch. i3, p. 104 et suiv · texte numérisé non relu

Guide, II, ch. i3, p. 104 et suiv

Dieu a évoqué Tunivers dans sa totalité du néant pur et et absolu. A Torigine Dieu seul existe. Il a produit tous les êtres de par sa libre volonté. Le temps lui-même a été créé, puisqu'il accompag;ne le mouvement, lequel est un accident de la chose mue, et que cette chose même dont le temps accompagne le mouvement a été créée. Que si Ton dit : « Dieu fut avant de créer le monde » — où le mot « lut » semble impliquer le temps — il n'y a là qu'imagination mais non pas réalité de temps, attendu que le temps est un accident, et un accident créé au même titre que la noirceur et la blancheur. Affirmer Texistence du temps avant le monde c'est admettre réternité. car le temps étant un accident auquel il faut un substrat, il s'ensuivrait qu'il a existé quelque chose avant l'existence de ce-monde (').

2° Suivant la deuxième opinion qui est celle de Platon, il n'est pas possible qu'un être quelconque, ayant matière et forme, soit né sans que la matière ait préexisté. Créer le monde ex nihilo est aussi impossible que de réunir au même instant les deux contraires. La matière est coéternelle à Dieu. Mais Dieu la façonne à son gré. Pour les tenants de cette conception, le ciel a été formé par Dieu, bien qu'il ne soit pas né du néant absolu comme le croient les sectateurs du mosaïsme.

3" La troisième opinion est celle d'Aristote. Il affirme lui aussi la préexistence de la matière. Mais il soutient en plus que l'univers, tel qu'il est, tel il a été de toute éternité, et tel il sera à tout jamais. Ciel, temps, mouvement sont éternels. La matière première en elle-même n'est pas née et ne périra point, elle ne fait que revêtir de nouvelles modalités.

Maïmoiiide discute l'opinion d'Aristote : les objections élevées contre lui vaudront à plus forte raison contre les autres philosophes ('). Maimonide expose sept démous-

1. Cf. Ih., ch. 17, p. i33; ch. i3. p. loô; ch. 3o, p. 23i et 234.

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