‹ Maïmonide (volume 2)Chapitre 49 sur 94 · Ib., ch. iS · texte numérisé non relu

Ib., ch. iS

ment et non k tel autre. — A quoi nous repondrons : Ce raisonnement ne s'applique quà un corps composé d'une matière à l'état de possibilité et d'une forme. Sans nul doute, si un tel corps agit par sa forme après n'avoir pas agi. il y a eu passage de la puissance à l'acte, et. par conséquent, il a fallu un efficient. Mais l'immatériel n'a dans son essence aucune possibilité, il est perpétuellement en acte. On ne peut donc pas lui appliquer le raisonnement en question, et pour lui il n'est pas impossible que tantôt il agisse et tantôt il n'agisse pas. Pour l'être pur. ce n'est là ni un changement ni un passage de la puissance à l'acte. A preuve l'intellect agent qui, suivant les aristotéticiens. est pur, et qui, cependant, tantôt agit et tantôt n'agit pas, comme l'a exposé Al-Farabi (').

Peut-être d'aucuns nous reprocheront-ils un sophisme : Si. dira-t-on, l'intellect agent nécessairement agit à tel moment et n'agit pas à tel autre, cela ne tient pas à la nature de son essence, mais à la disposition des matières. L'action de l'intellect s'exerce perpétuellement sur ce qui est disposé, et s'il y a quelque empêchement à l'action, cela est dû à la disposition de la matière, et non pas à l'intellect lui-même. — Nous répliquerons : Notre intention n'est pas de dire pourquoi Dieu a agi à tel moment plutôt qu'à tel autre, et, en citant l'exemple de l'intellect agent, nous n'avons pas voulu dire que l'opération de Dieu puisse, comme celle de l'intellect agent, éprouver aucun empêchement (■). Notre seul objet a été de monti-er que, bien que l'intellect agent agisse à tel moment et qu'à tel autre il n'agisse point, quelle que soit la cause de cette nonactivité, on ne dit pas pour cela de l'intellect qu'il passe de la puissance à l'acte, ni qu'il y a dans son essence une possibilité, ni enfin qu'il a besoin d'un efficient qui le fasse passer de la puissance à l'acte. Donc Dieu a pu ne créer le

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