‹ Maïmonide (volume 2)Chapitre 62 sur 94 · Guide, III, ch. 17, p. 129 et suiv · texte numérisé non relu

Guide, III, ch. 17, p. 129 et suiv

5. « L'intellect qui s'épanche de la part de Dieu sur nous est le lien qui existe entre nous et lui. Il dépend de toi de fortifier ce lien ou de l'affaiblir jusqu'à le défaire. Ce lien ne peut se fortifier que lorsqu'on en fait

cpii s'épanche sur nous est le lien entre Thomnie et Dieu. Et, de même que nous le percevons au moyen de la lumière qu'il épanche sur nous, comme il est dit : « Par ta lumière nous voyons la lumière » (Ps., 36. lo). de même, c'est au moyen de cette lumière qu'il nous observe et qu'il est toujours avec nous (*). L'espèce à laquelle s'attache l'épanchement est accompagnée de la Providence qui mesure toutes les actions, de manière à les récompenser ou à les punir. S'il est vrai, comme le dit Aristote. que la submersion du navire avec son équipage a été l'elïet du pur hasard, ce n'était pourtant point par l'etTet du hasard que les gens étaient entrés dans le navire, mais bien par l'effet de la volonté divine, conformément à ce que ces gens avaient mérité au jugement de Dieu, jugement qui nous est impénétrable.

Pour les animaux, la Providence ne veille qu'à l'espèce, et non à l'individu. Ce n'est que dans l'espèce humaine que l'individu est l'objet de la Providence. Demander pourquoi l'homme est le seul à jouir de ce privilège, cela revient à demander pourquoi Dieu a conféré l'intelligence à l'homme et non aux animaux.

D'une manière générale, la Providence dépend de l'Intelligence à laquelle elle est intiment liée. La Providence ne peut émaner que d'un èti^e intelligent et plus particulièrement de l'Intelligence souverainement parfaite. D'où il résulte que celui-là seul qui reçoit l'influx divin participera de la Providence dans la mesure où il participe de l'Intelligence.

Comme il n'existe pas d'espèce en dehors de l'esprit, que l'espèce et les autres universaux sont des concepts de l'entendement, que tout ce qui existe en dehors de l'esprit est un être individuel ou un ensemble d'individus (*),

usage pour aimer Dieu, il se relâche quand on se détourne de la pensé de Dieu » ; Guide. III, ch. 5i, p. 439 ; cf. II, ch. 12 et 3-.

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